L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

Cuve de sarcophage « Achille à Skyros » du IIIe siècle ap. J.-C. Au centre, Achille et Déidamie. Prêt du musée du Louvre à Paris. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojeda

Du 26 avril au 5 janvier 2025, la nouvelle exposition temporaire du musée de la Romanité à Nîmes est dédiée au mythe d’Achille et la guerre de Troie. Un événement en partenariat avec notamment le musée du Louvre.

Héros légendaire de la mythologie grecque qui s’est illustré lors de la guerre de Troie – qui opposa Troyens et Grecs (relatée notamment par Homère mais dont l’historicité est controversée), Achille est le protagoniste de cette grande expo temporaire et inédite présentée au musée de la Romanité du 26 avril au 5 janvier. « L’événement s’appuie sur un riche ensemble d’œuvres, principalement issu des réserves du musée nîmois, dont la mosaïque représentant l’épisode d’Achille à Skyros de plus de 30 m2 non exposée depuis sa restauration en 2010, et restituée dans son état d’origine au moyen d’une projection numérique », annonce Nicolas de Larquier, conservateur du musée de la Romanité.

Cette mosaïque datée de 150-200 ap. J.-C. est découverte en 2007 lors de la fouille du parking Jean-Jaurès. Elle représente Achille, qui avait été caché à Skyros, habillé en femme, parmi les filles du roi Lycomède. La vue des armes réveille son esprit de guerrier. © musée de la Romanité

Une guerre mythique 

Si l’existence de la cité de Troie ne fait guère de doute, le reste de l’histoire renvoie à une époque faite de récits légendaires où les dieux côtoient les hommes et les héros, au sein d’un même monde. Le parcours présente donc les origines de cette guerre et les divinités qui l’ont initiée, à travers une sélection d’objets qui les représentent et rappellent leur omniprésence dans l’Antiquité. Une cartographie numérique interactive permettra notamment au public de naviguer à travers la toile complexe des personnages du mythe, leurs liens, et les événements marquants qui ont débouché sur cette guerre. Le visiteur pourra y croiser Pâris, le prince troyen, son frère Hector, le héros de Troie tué par Achille mais aussi les dieux et déesses, Zeus, Aphrodite, Athéna, Héra, Hermès.

Sarcophage représentant les funérailles d’Hector ; 190-200 ap. J.-C. Œuvre prêtée par le musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / image RMN-GP

La vie du héros 

Une partie de l’expo est consacrée à la jeunesse du héros qui met en lumière sa naissance, son enseignement par le centaure Chiron et sa fuite sur l’île de Skyros. Ces sujets sont incarnés grâce à des prêts prestigieux, tels que le sarcophage d’Achille à Skyros daté de 210 après J.-C. (photo d’ouverture page de gauche) provenant du musée du Louvre, ou encore une coupe du XIIe siècle conservée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France évoquant des scènes de la vie du fils de Pélée. Avec la mosaïque d’Achille à Skyros, elles forment le cœur même de l’exposition illustrant le dilemme d’Achille entre le monde féminin et le monde viril. Son rôle dans la guerre de Troie est bien sûr abordé avec l’évocation de la durée et la difficulté du siège, la peste lancée par Apollon sur les Grecs suite au rapt de Chryséis, la colère d’Achille contre Agamemnon et enfin son retour au combat pour venger la mort de son ami Patrocle, illustré par le sarcophage de la mort d’Hector daté du IIe siècle après J.-C. Enfin, le dernier espace présente des interprétations du mythe d’Achille à travers le temps, par quelques courts extraits de films du genre péplum ou de séries d’animation.

Amphore représentant Hélène entourée d’Achille et d’Hector. Ier quart du VIe siècle av. J.-C. Prêt du musée de Bordeaux, musée d’Aquitaine. © Mairie de Bordeaux, Musée d’Aquitaine, photo L. Gauthier

« Cette expo est une création de notre musée et elle est surtout accessible à tous, aux amateurs d’Histoire comme aux néophytes avec des dispositifs innovants et immersifs. »
 

Nicolas De Larquier,
Conservateur en chef du musée de la Romanité

Le mythe en vidéos immersives

Dominik Barbier, spécialisé dans la création artistique immersive, et Anne Van den Steen, plasticienne, aquarelliste et graphiste, scénographe et architecte, ont créé spécialement pour l’expo nîmoise une fresque monumentale immersive projetée sur plusieurs murs. Son objectif : proposer au public une plongée dans l’imaginaire foisonnant du mythe d’Achille. S’appuyant sur une iconographique dense, la fresque cherche à établir une connexion avec la mémoire, l’imagination, la croyance et le mystère, et immerger le public dans un mythe présent et vivant. Il ne s’agit pas seulement d’intégrer de la projection dans la scénographie mais d’imaginer une forme innovante qui mêle contenus scientifiques, historiques, culturels, poétiques et artistiques.

© Dominik Barbier et Anne Van den Steen

Infos pratiques

Musée de la Romanité, 16 boulevard des Arènes. Tél. 04 48 21 02 10. www.museedelaromanite.fr

Horaires, d’avril à octobre : tous les jours de 10h à 19h

Tarif. Plein : 9€. Réduit : 6€. Enfants de 7/17 ans : 3€. Gratuit jusqu’à 7 ans. Forfait famille : 21€ (2 adultes + 2 enfants).

Conférence : vendredi 26 avril à 18h30, « Exposer Achille ! » par Nicolas de Larquier, conservateur en chef du Musée de la Romanité et commissaire scientifique de l’exposition, et Dominik Barbier, artiste vidéaste et scénographe d’image.

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