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Soleillet rencontre
Rimbaud

Du 21 janvier au 25 avril, la Bibliothèque du Carré d’Art vous propose de retracer l’histoire de l’explorateur nîmois Paul Soleillet. Au cours de ses voyages, il a croisé la route d’un certain Arthur Rimbaud dans la corne de l’Afrique. Lectures, concerts, conférences et exposition illustreront cette rencontre et viendront rythmer ces 3 mois de programmation.

L’événement évoquera le destin croisé de ces deux personnages : à la fin du 19e siècle Arthur Rimbaud, le poète révolutionnaire, a rencontré le Nîmois Soleillet dans l’est de l’Afrique. L’occasion de mettre en lumière Aden, Obock, Tadjourah, le Choa et le Harar, des villes et des régions où ils ont vécu.

Soleillet, un Nîmois vagabond

Paul Soleillet est un explorateur nîmois passionné et passionnant, un personnage attachant, et un garçon qui à l’évidence avait un besoin d’aventure et de découverte. Dans les années 1860, il ne se satisfait pas de la carrière qui lui est destinée dans l’administration fiscale. Il décide donc de partir, dans un premier temps, en Afrique du Nord et de l’Ouest puis ensuite en Afrique Orientale.
En 1867, il se retrouve à Tunis lors de l’épidémie de choléra et prodigue des soins avec courage. Après la Guerre franco-allemande, Soleillet repart pour l’Afrique, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alger, il entreprend d’explorer les régions du Sahara, où peu d’Occidentaux s’étaient véritablement aventurés. Soleillet, attentif et curieux, prend de nombreuses notes et tient un carnet de voyage. Il adopte les coutumes locales et gagne rapidement l’amitié de tous ceux qu’il rencontre. Aimant l’échange et la discussion, il souhaite développer les rapports commerciaux et initie l’idée d’installer un chemin de fer transsaharien. C’est ce même projet qui le conduit plus tard au Sénégal et au Soudan.
L’auteur Odon Abbal, docteur en histoire a enseigné dans le Gard et a publié de nombreux ouvrages. Il viendra présenter son livre  Un entêté de l’Afrique : Paul Soleillet . On retrouve dans ce livre des documents d’archives inédits, replacés dans le contexte de l’époque pour mieux planter le décor des voyages de Soleillet. Odon Abbal aborde avec justesse son parcours contrasté.
Vendredi 31 janvier à 18h — Conférence d’Odon Abbal :  Un entêté de l’Afrique : Paul Soleillet .

Le buste de Soleillet

Inauguré à la fin du 19e siècle peu après la mort du Nîmois, le buste est installé à côté de l’Esplanade, en face des Arènes. ll n’y restera pas longtemps : après la Grande Guerre, en 1923, le buste est remplacé par un monument aux morts. La municipalité décide alors de l’installer au centre du bosquet triangulaire des jardins de la Fontaine. Le 2 décembre 1941, sur ordre de mobilisation des métaux non ferreux, il est enlevé pour être fondu. Le buste en plâtre fort heureusement est conservé et visible pendant l’exposition.

Arthur Rimbaud de poète à explorateur

À l’époque, Rimbaud n’est absolument pas célèbre, il a 19 ans, c’est un jeune poète rebelle au talent précoce. La quasi-totalité de son œuvre est déjà écrite, mais peine à être reconnue. Déçu ou simplement à la recherche d’argent, il décide de quitter son pays natal pour se rendre du côté de la mer rouge, en Éthiopie. Là-bas, il change de carrière et devient négociant-explorateur. 

En août 1880, Arthur Rimbaud, qui a cherché du travail dans tous les ports de la mer rouge, à Djeddah, Souakim, Massouah, Hodeidah… débarque finalement à Aden. Il vivra les onze dernières années de sa vie, rythmée de voyages entre Arabie et Afrique avant de rentrer en France où il va mourir à Marseille, des suites d’une tumeur au genou, à l’âge de 37 ans.
Samedi 25 janvier à 11h — table ronde sur l’exposition avec Jean-Jacques Salgon, Hugues Fontaine, Philippe Oberlé et Odon Abbal.

La rencontre

L’une des preuves de cette rencontre est une lettre qu’Arthur Rimbaud envoie à sa famille en 1886 avant de partir faire son exploration jusqu’au Choa, hautes terres de l’Abyssinie (actuelle Éthiopie), pour livrer une caravane de fusils au roi Ménélik. Rimbaud va rester 10 mois à Tadjourah, bloqué, car il doit négocier avec les autorités locales, il doit aussi rassembler une caravane, trouver des dromadaires et un guide. Cela prend du temps et les locaux jouent de ce temps pour faire monter les prix. De l’autre côté, il y a l’administration française qui cherche à mettre en place un blocus sur le transport des armes, mais Rimbaud et Soleillet ont déjà leurs autorisations, ils sont en pleine discussion pour faire démarrer leurs caravanes. S’installe une relation sur le terrain avec le commandant Léonce Lagarde qui est à Obock.
Finalement, Rimbaud va faire voyage seul, son associé Pierre Labatut est mort, et Paul Soleillet, avec qui il souhaitait s’associer, est mort lui aussi des suites d’une insolation à Aden. La lettre de 1886 est une trace concrète de l’association entre Rimbaud et Soleillet, ce qui veut dire qu’ils se sont véritablement rencontrés. Les témoignages de quelques voyageurs sur place permettent de confirmer cette collaboration.
Jeudi 6 février à 19h — rencontre avec Jean-Jacques Salgon, auteur, avec lecture d’extraits par Denis Lanoy :  Obock. Rimbaud et Soleillet en Afrique (Verdier janvier 2018).

Pour en savoir plus
Entrée libre et gratuite
Du mardi au dimanche de 10h à 18h mardi et jeudi jusqu’à 19h
Le programme complet sur bibliotheque.nimes.fr

Paul Soleillet.

 « Soleillet était le Thomas Pesquet de l’époque, un explorateur qui fait rêver »

Hugues Fontaine
commissaire de l’exposition.

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 « Il y a tout un volet d’images d’Obock et de Tadjourah aujourd’hui et à l’époque. Le but est de montrer cette corne de l’Afrique, que l’on connait aujourd’hui assez mal, et surtout à travers la question migratoire »

Hugues Fontaine
commissaire de l’exposition.

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Arthur-Rimbaud_NIMES
 « Je partirai seul, Soleillet étant mort »

Arthur Rimbaud
15 septembre 1886.

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