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Les livres précieux de Carré d’Art

Tel un iceberg, Carré d’Art dispose d’impressionnantes réserves de documents et d’œuvres sous les étages accueillant le public. Parmi elles, des ouvrages rares et uniques soigneusement conservés au titre de Biens Nationaux et Municipaux.

Au niveau – 2 de Carré d’Art, dans le vaste local de réserve de la bibliothèque, se trouve tout ce qui n’est plus présenté au public mais jugé digne d’être conservé. Aux côtés des ouvrages, périodiques, CD contemporains descendus pour d’autres plus actuels, voisinent des collections de plus en plus anciennes au fur et à mesure que l’on progresse dans la centaine d’allées de rayonnages. Au bout de cette enfilade, une porte blindée. Une fois franchie, vous accédez au fin du fin : les ouvrages précieux sont là, baignant dans une température constante de 18 °C, un taux d’humidité de 55 %, sous la fière protection d’une brigade de bonbonnes d’argon chargée de sauver le trésor en cas d’incendie.

Dans l’antichambre de la bibliothèque

La particularité du fonds nîmois réside dans l’importance de collections thématiques : ainsi les collections scientifiques notamment botaniques ou concernant l’Antiquité, rassemblées par Jean-François Séguier, les livres de médecine du docteur Amoreux, les manuscrits sur l’Antiquité d’Adolphe Reinach ou le fonds Maurice Coularou sur la technique photographique. On y trouve un fonds taurin quasi unique en France, un grand éventail de livres d’artistes et de gravures, objet d’étude pour les écoles d’art de la région, un fonds hébraïque qui remonte au XVIe siècle (dépôt de la synagogue de Nîmes) objet de sollicitations internationales, un fonds protestant remarquable (dépôt de l’Église Réformée), un fonds catholique venant du Grand Séminaire de Nîmes, un fonds presse porté sur le satirique, un fonds régional et une centaine d’incunables antérieurs à 1501, premiers ouvrages dont on observe la codification progressive et la cohabitation avec le manuscrit durant environ 50 ans, jusqu’à ce que le livre prenne une apparence figée, avec la page de titre et l’organisation du texte que nous lui connaissons.

Quelques curiosités :

Le plus vieux : il s’agit du manuscrit de la princesse Dhuoda. D’après un manuscrit original de 841, cette copie en latin, aux lettres carolines caractéristiques, date du Xe siècle. Dhuoda, épouse de l’influent duc de Septimanie, écrit pour son fils otage de Charles le Chauve un traité d’éducation. Il n’en existe que trois exemplaires au monde.
Le plus oriental : manga n°4 d’Hokusai, manuel de dessin.
Le plus petit : minuscule de Pierre-André Benoît illustré par Picasso, de 4 cm dans un écrin de cuir et de bois représentant une tête de taureau.
Le plus enluminé : le décret de Gratien, copie du XIVe siècle réalisée à Bologne d’un traité de droit canonique écrit vers 1150.
Le plus universel : La chronique de Nuremberg d’Anton Koberger (1493), traité d’histoire découpé en sept « états du monde » en latin et en allemand, qui cite par exemple le passage de la comète de Halley en 684, décrit personnages célèbres et grandes cités, dont on ne trouve pas d’autre exemple à cette époque.
Le plus humain : livre relié en peau humaine Tableau des prisons de Paris, 1793. Un personnage excentrique avait légué à l’un de ses amis, chirurgien à Genève, sa fortune et … sa peau. Celui-ci la fit tanner et la donna à son tour à Marcellin Pellet, député du Gard et diplomate, qui en a revêtu l’un des ouvrages de sa collection sur la Révolution française.

Plus d’infos : Emprunt possible des ouvrages postérieurs à 1920, consultation sur place libre pour les ouvrages postérieurs à 1810 et sur justification de recherche pour les ouvrages plus anciens ou manuscrits Visite de groupe possible.
Tél : 04 66 76 35 52

227 000

ouvrages patrimoniaux en réserve

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6,7 km

de linéaires de réserves

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33 000

éditions antérieures à 1811

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1 230

manuscrits anciens ou modernes

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1 000

gravures et photos anciennes

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500 000 

pages déjà numérisées, disponibles sur les pages « presse ancienne » de la région Occitanie (ressourcespatrimoine.laregion.fr) et d’ici fin 2019 sur la bibliothèque numérique Gallica.

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Discours Historial de l’Antique et Illustre cité de Nismes de Jean Poldo D’Albenas est le premier livre imprimé traitant de Nîmes. Edité à Lyon en 1559 par Guillaume Rouillé, un exemplaire rare.

Manuscrit de la princesse Dhuoda Xème siècle.

Mais d’où viennent tous ces livres ?

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À la Révolution française, l’État confisque tous les biens religieux et ceux d’institutions d’Ancien Régime. De nombreux livres sont ainsi récupérés et définis comme biens publics d’État, alors que les autorités locales sont chargées de les inventorier et de les conserver. C’est le cas des collections de l’Académie de Nîmes qui avait bénéficié de l’important legs de Jean-François Séguier. La Ville possède aussi ses fonds propres, souvent issus de dons et d’autres collectionneurs de curiosités dont regorgeait notre cité. Enfin, une enveloppe de 20 000 euros annuels permet des acquisitions. Dernières en date : des lettres d’Apollinaire à Lou, de Daudet à Flaubert et à Zola, de Frédéric Mistral à Daudet.

Daniel Jean-Valade-NIMES « Que ce soit par le texte, l’écriture manuscrite, le support (parchemin, papier…), les illustrations, la reliure… les ouvrages “rares et précieux”

conservés par la bibliothèque de Nîmes incarnent la pensée, l’art et la mémoire vivante de notre ville pour laquelle la culture a toujours été et demeure une valeur fondamentale. »

Daniel Jean-Valade
adjoint au Maire délégué à la culture

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