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la légende des 7 collines

la légende des 7 collines

À l’instar d’autres villes françaises dotées de monuments romains, Nîmes, fière de son patrimoine, a longtemps repris à son compte l’attribut topographique de la Ville éternelle. Plutôt à tort. Explications.

Cela nous paraît aller de soi, puisque, de Jean Reboul aux enseignes commerciales, nombreux sont ceux qui le proclament. Et pourtant, Nîmes antique compte-t-elle bien sept collines, comme son modèle romain ? Point commun avec sa grande sœur italienne, Nîmes s’est développée auprès de l’eau présente au pied de ses collines, qui, tel un amphithéâtre naturel, avaient sans doute l’avantage de protéger du vent les populations. C’est ainsi que les premiers sédentaires choisirent le site actuel des jardins de la Fontaine pour s’installer.

Dans le périmètre du rempart

Bonnaise au Ier siècle avant notre ère par Auguste que la ville fortifiée s’est développée, tirant parti de sa topographie pour construire l’un des plus longs remparts de la civilisation romaine. D’une hauteur de 10 mètres, comptant 80 tours et plusieurs portes monumentales, ce dernier avait plus qu’une valeur défensive : il proclamait au loin la puissance de la cité. C’est bien entendu dans le périmètre des 6 kilomètres de la ville intra-muros que sont recherchées ces fameuses sept collines. Une thèse qui traduit une vision poétique de Nîmes romaine, constituée au fil des siècles. On suppose qu’étaient comptés, des monts Duplan (94 mètres) à Montaury (105 mètres), le mont Crémat ou des Moulins (ou mont du Martyr) (92 mètres), le mont Margarot (70 mètres), la Lampèze (107 mètres), le mont Cavalier dominé par la Tour Magne (110 mè-tres) et Canteduc (87 mètres)*.

Quand les esprits s’échauffent à l’Académie
de qualité

En 1900 le docteur et érudit Elie Mazel contestait cette version dans un article paru dans la Revue du Midi, intitulé La fin d’une légende. Neuf ans plus tard, l’ancien maire Gaston Maruejol s’insurgeait contre cette hypothèse iconoclaste. Le colonel cartographe Jules Igolen clôturait définitivement ce brûlant chapitre en 1935. D’un point de vue géographique, il faut reconnaître que seules trois collines existent : les monts Duplan et Montaury, bien démarqués morphologiquement, et une colline à crête continue qui va du col de Saint-Luc (rue Bonfa) à la route d’Alès, sur laquelle culmine la Tour Magne.

Les routes et chemins traversant les garrigues vers les Cévennes auraient fractionné le terrain et accentué de simples dénivelés d’une même colline, créant ainsi des quartiers distincts, de terroir, chacun portant un nom. De là serait née la déformation. À cela s’ajoute sans doute la volonté née au XIXe siècle d’honorer la mémoire de maires aménageurs (Duplan, Cavalier, Margarot), volonté qui outrepassa peut-être les
réalités géographiques !

* Source : Nemausensis

LE SAVIEZ-VOUS

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Les hauteurs des garrigues s’arrêtent brutalement sur la plaine de la Vistrenque, où se trouve l’une des plus grandes failles du sud de la France, la faille de Nîmes. Créée par la collision du continent africain contre la plaque eurasiatique, elle s’effectue à la vitesse (très faible) de 7 mm par an. Elle présente une grande stabilité, même si l’archéologie a révélé la survenue de plusieurs séismes de magnitude 6, dont l’un survint vers 250 après Jésus-Christ.

214 mètres

Le point culminant de Nîmes se trouve au Serre de Garde-Monnier, dans le camp des Garrigues, au-delà du quartier de la Planette.

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Le rempart romain, haut de 10 mètres, épousait les hauteurs nîmoises et s’imposait visuellement dans le paysage, à des kilomètres à la ronde.

Jean Pey,
archéologue retraité, membre de l’École Antique et de l’Académie de Nîmes

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… Le Nîmois est à demi romain
Sa ville fut aussi la Ville aux Sept Collines,
Un beau soleil y luit sur de belles ruines
Et l’un de ses enfants se nommait Antonin.

Jean Reboul, statue d’Antonin le pieu sur le square du même nom

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Vue de Montaury (105 mètres) : on peut apercevoir le mont Ventoux.

Une maquette, au Musée de la Romanité, présente la ville antique et le rempart avec ses reliefs.

Le schéma de Jules Igolen sur le site Nemausensis. En savoir plus

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