L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes

Trois expos

en apesanteur

Trois expos
en apesanteur

C’est le moment d’aller au musée d’art contemporain de Nîmes pour s’envelopper du calme méditatif des œuvres des onze artistes actuellement présentés en exposition temporaire, jusqu’au printemps.

Pénétrer dans ce temple de la création contemporaine est comme s’immerger dans un monde parallèle, où se rejoignent émotions, questions et sensations. Notre corps et notre esprit se mettent à fonctionner différemment, stimulés par des images auxquelles ils ne sont pas habitués.

Suspension/Stillness

Telle une brève histoire de l’art contemporain, l’exposition réunit jusqu’au 13 mars cinq artistes femmes de différentes époques. Bien que reconnues mondialement, elles n’ont pas (toujours) eu la célébrité qu’elles méritent. Elles invitent à ce temps silencieux, immobile et tranquille que livre tout à la fois le titre de l’accrochage. La première salle est une ode aux pionnières de l’art minimal, mouvement qui brise les codes du figuratif dans les années 60. Les formes épurées et colorées réalisées par l’Allemande Charlotte Posenenske frappent d’emblée. Sa série Reliefs, fabriquée industriellement, vendue à prix coûtant, évacue l’intimité de l’artiste au profit du matériau et le libère du marché de l’art. En écho, Côté couleurs, côté douleurs de la belge Lili Dudjourie pousse le concept quatre ans plus tard au moment où elle s’apprête à s’émanciper de ce courant coopté, comme souvent, par les hommes et le profit.

« Ces artistes de différentes générations portent un regard à la fois critique et poétique
sur le monde. »

Jean Marc Prévost, conservateur de Carré d’Art Musée

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Charlotte Posenenske, pionnière de l’art minimal Reliefs serie C, 1967-2020, aluminium peint. Collection Carré d’Art-Musée d’art contemporain, Nîmes.

Les grands formats de Suzan Frecon

Des œuvres rarement vues en France

La deuxième salle est abstraite, américaine et instaure un dialogue saisissant entre les petits formats d’Etel Adnan et les tableaux monuments de Suzan Frecon. Valeur montante (ces œuvres ont été judicieusement acquises il y a quelques années par le conservateur du Musée), la première est décédée en novembre dernier. Poétesse et écrivaine proche de la Beat génération, domaine où elle s’est fait un nom, elle est redécouverte actuellement pour ses peintures d’aplats de couleur lumineux évoquant des paysages ou des scènes où chaque visiteur y verra quelque chose de différent. En contraste, les teintes minérales et sombres dominent les grandes toiles abstraites mars indigo et stone cathedral de Suzan Frecon. Force immuable et joie sereine se font ainsi écho. L’Américaine Trisha Donnelly occupe la troisième salle avec la projection grand format d’une vidéo… d’une image fixe, jeu du temps conjugué au mouvement. Une « situation sculpturale » selon les mots de l’artiste, qui plonge le visiteur dans un no man’s land hypnotique (Untitled, 2014).

Questions aux tours de l’image avec Project Room

« Pour moi, la peinture est une forme supérieure du savoir ; elle devrait être construite de façon à éclairer et inspirer l’observateur en dehors de lui-même à un endroit où il n’a jamais été jusque là »

Suzan Frecon

De vertical, devenir horizontal, étale

La chorégraphe Emmanuelle Huynh, bien connue des Nîmois (elle était en résidence au Théâtre de Nîmes de 2018 à 2021) et le graphiste performer Jocelyn Cottencin, deux artistes « touche-à-tout », ont réalisé, durant plusieurs années en immersion, des portraits de territoires urbains. Vidéos, interviews, chorégraphies décalées en pleine rue, sur des chantiers ou des friches industrielles tournées à New York et Saint-Nazaire nous parlent du rythme vertical des cités, des corps qui marchent ou dansent comme une mémoire éphémère des lieux traversés. La polyphonie engendrée par les projections juxtaposées renvoie au foisonnement du bruit urbain, tandis que les corps passent lentement de la station verticale à horizontale « Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes », portrait de Saint-Nazaire, met aussi en évidence l’omniprésence des éléments naturels, la Loire, l’océan qui structurent la ville de manière immuable malgré l’empreinte humaine. La collaboration se poursuit actuellement pour les portraits de Sao Paulo et Houston.
De vertical, devenir horizontal, étale, jusqu’au 13 mars


D’INFOS 
Carreartmusee.com
Rencontre avec Coleman Collins
et Anna Wittenberg le 16 février à 18h
(sous réserve des conditions sanitaires)
Pour être informé des vernissages et
des activités du musée Inscrivez-vous
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www.carreartmusee.com

POST PERFORMANCE VIDÉO,
JUSQU’AU 17 AVRIL.

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Le Project room est un espace du premier étage dédié à des accrochages temporaires. Celui en cours (commissariat : Marie de Brugerolle) est une présentation de 4 artistes de Los Angeles ou qui ont été formés dans cette ville, qui empruntent et détournent l’industrie cinématographique au profit d’un questionnement sur l’image et sa matérialité. En préambule, à la manière d’une loge d’acteur, le masque du personnage d’un film projeté donne du volume à l’image, tels les masques de cire des défunts romains qui étaient exposés dans le vestibule des domus (Nathaniel Mellors, que l’on retrouve également en salle 3).

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