L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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À la découverte

des femmes romaines

À la découverte des femmes romaines

Du 11 novembre 2021 au 8 mars 2022, le Musée de la Romanité accueille l’exposition « Portraits de femmes romaines. Impératrices, “matrones” et affranchies ». Découvrez leurs histoires, leurs secrets mais aussi leurs batailles pour une émancipation civique, politique et économique.

Initialement présentée aux Galeries des Offices de Florence, qui abritent la plus belle collection au monde de peintures italiennes et d’œuvres de tous les grands maîtres européens, l’exposition s’articule autour de trois sections suivant le parcours de femmes romaines de différentes origines sociales au cours du Haut Empire (Ier et IIe s. ap. J.-C.). Au modèle idéalisé de la « matrone », le parcours présente en miroir un contre-modèle de femmes aux vies non conventionnelles, puis montre l’évolution notable des rôles féminins dans l’espace public. Bustes, autels et manuscrits datant de la renaissance constituent la majorité des trente-cinq objets et œuvres exposés, prêtés par trois institutions florentines, aux côtés de pièces de monnaie, manuscrits ou gravures sur pierres précieuses.

Du modèle…

L’idéal féminin romain est toujours incarné par la domiseda, la femme qui est à la maison, la lanifica, la femme qui file la laine, et la pudica, la femme fidèle et discrète c’est-à-dire la matrona qui s’accomplit dans son rôle d’épouse puis de mère. De l’époque royale, ce modèle appliqué aux femmes de toutes les classes sociales se perpétue à travers les sources littéraires et épigraphiques. Les femmes de la famille impériale ont été les premières à concilier l’exemple féminin traditionnel et les nouvelles perspectives qui apparaissent dès la fin de l’époque républicaine : être exemplaire comme épouse et mère et occuper un nouveau rôle public pour cultiver une influence dans les jeux de pouvoir. Antonia la Jeune, nièce d’Auguste, en est la parfaite incarnation. C’est également le cas de Sabine, qui malgré son mariage difficile avec Hadrien, fut choisie par ce dernier pour représenter une synthèse idéale du règne de son mari, au travers du superbe portrait qui lui a été consacré vers 130 ap. J.-C.

… à la transgression

L’illustration la plus parlante pour évoquer les contre-exemples au modèle de cette « matrone » idéale est sans doute le magnifique autel réalisé à l’époque flavienne pour Lunia Procula. Sur la partie postérieure se trouve une inscription : une malédiction contre sa mère, l’affranchie Lunia Acte, qui résume les accusations d’empoisonnement et d’adultère tradi-
tionnellement adressées aux « matronnes ». Ces mêmes accusations sont parfois énoncées pour entacher les femmes de la famille impériale ou sont utilisées par des pères, des fils ou de puissants époux auxquels certaines ont osé faire obstacle. Cette transgression a aussi eu lieu dans d’autres classes sociales sans subir pour autant de condamnations ou de stigmatisations. Fundania Zosime utilise l’autel destiné d’abord à son mari puis à un esclave qu’elle a affranchi et désigné comme son « protégé » pour perpétuer sa propre mémoire et valoriser le statut social qu’elle avait réussi à atteindre.

Un rôle public au féminin

Les premières « matrones » à se voir attribuer un rôle public sont les femmes de la famille impériale, représentantes de la maison la plus illustre de Rome. Leur rôle public est rapidement et formellement reconnu grâce à l’accès aux statuts d’Augusta de leur vivant, puis de Diva, après leur mort. Les flaminiques (prêtresses romaines), les évergètes (bienfaitrices) et les patronae (protectrices de cité) obtiennent la reconnaissance de leurs concitoyens qui leur offrent des inscriptions honorifiques publiques et des statues dans les forums. Elles prennent alors place aux côtés de leurs conjoints dans l’espace public, illustrant une révolution de la représentation des femmes dans le paysage urbain.

Portrait de Vibia Sabina.

Autour de l’exposition : « Place(s) des femmes »

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Le Musée de la Romanité s’inscrit au cœur d’un débat de société actuel pour proposer un éclairage original sur la thématique. Cycles de conférences, visites guidées et programmation hors les murs dans des lieux culturels nîmois associés inviteront le public à se questionner sur la place des femmes, d’hier et d’aujourd’hui, et à revisiter leur rôle dans l’Antiquité pour interroger la société actuelle.

Les conférences de novembre. Entrée libre.
• Les femmes de la Rome impériale : entre tradition et innovation. Proposée par Novella Lapini, commissaire d’exposition, Galerie des Offices (Florence).
Jeudi 11 novembre à 11h. Auditorium Musée de la Romanité.
• La citoyenneté des femmes de l’Antiquité : une forme méconnue de participation aux affaires de la Cité. Par Violaine Sebillote, professeure d’histoire ancienne (Paris Panthéon-Sorbonne).
Samedi 20 novembre à 17h.
Auditorium Musée de la Romanité.

Les visites guidées de novembre. Plusieurs tarifs disponibles.
• « Portraits de femmes romaines ». Les femmes représentent « la moitié de l’humanité », pourtant on ne parle presque jamais d’elles dans les cours d’histoire. D’hier à aujourd’hui, de l’impératrice à la danseuse, la place des femmes dans la société romaine se révèle à travers les collections du musée.
Jeudi 11, samedis 13, 20 et 27 novembre, dimanches 14, 21 et 28 novembre, à 14h30. D’autres dates sont disponibles en décembre.
• Déesses, au-delà du genre ». Les déesses, aussi nombreuses que les dieux et aussi puissantes, vont à la guerre et participent au même titre que leurs homologues masculins à la vie politique de l’Olympe. Oubliez vos idées reçues sur l’Antiquité et venez découvrir ces déesses aux multiples facettes.
Dimanches 21 et 28 novembre, à 11h.

L’exposition hors les murs
• L’Office de tourisme vous propose de partir de ruelles en places, de l’Antiquité à nos jours pour découvrir des destins particuliers de femmes nîmoises ou avec des liens forts avec notre cité : princesse, architecte, médecin, auteur, chanteuse ou encore simple ouvrière.
Samedi 27 novembre, à 14h30.

PLUS D’INFOS
Programme complet sur museedelaromanite.fr

Cornaline moderne représentant Faustine l’Ancienne avec son époux Antonin le Pieux.

Autel en l’honneur de Lunia Procula avec une malédiction sur Lunia Acte.
© Gallerie degli Uffizi

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