L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

Mis en place pour la journée nationale du souvenir et de la déportation fin avril, il a été inauguré ce dimanche matin. Ce nouveau mémorial en hommage aux victimes de la déportation, installé sur le monument de la Résistance et de la Déportation des allées Jaurès, est le deuxième en France à voir le jour après la Ville du Mans. Il recense le nom de tous les Gardois déportés durant la seconde guerre mondiale.

1066 Gardois déportés

Fruit d’un patient travail réalisé par les Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation du Gard (AFMD-30), celui-ci précise le nom et le prénom des 1066 enfants, femmes et hommes du département victimes de déportation dans les camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Réduits à un simple matricule lorsqu’ils avaient la chance de ne pas être dirigés directement vers la chambre à gaz, les victimes retrouvent ainsi leur patronyme et leur humanité. Trois années de recherches ont été nécessaires et ont permis, grâce notamment à l’abondante documentation de l’Allemagne nazie déposée au fonds international du troisième Reich à Bad Arolsen, d’effectuer ce triste recensement. L’aide des mairies du Gard a tout aussi été précieuse. 135 communes gardoises ont été concernées par la déportation d’habitants. 413 Nîmoises et Nîmois en ont été victimes. 

Moins de 400 survivants

Juifs, jeunes résistants fuyant le service de travail obligatoire, opposants politiques, membres du maquis démantelé en 1943 ont constitué les victimes principales dans notre département. Parmi eux, 223 femmes et 66 enfants subirent la déportation vers les camps nazis. Au total, 675 Gardois y ont trouvé la mort, dont 61 enfants. Un point noir indique ce funeste destin sur le mémorial. Eliette Bertie, Andrée Julien, Pierre Gamel, Charles Bedos, Robert Clop, Aimé Bonifas sont autant de personnalités nîmoises figurant au côté d’anonymes dont la mémoire est restituée.

Dictionnaire biographique

Un collectif de trente personnes réunies par l’association AFMD 30 a initié la rédaction d’une biographie de chacun de ces 1066 gardois.e.s. au sein d’un recueil, une démarche indédite qui prolonge ce travail de recherche. « Nous travaillons avec les Terminales du lycée Daudet et espérons pouvoir éditer cet ouvrage d’ici quelques années » précise Jean-Paul Boré, président de l’AFMD 30 et lui-même fils de déporté.

Ce mémorial a été cofinancé par la Ville, Nîmes Métropole, le département, la Région, l’Office National des Combattants et l’AFMD 30.

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