L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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Patrimoine et handicap :
une longue histoire

Les 18 et 19 septembre, les Journées européennes du patrimoine mettent l’accent sur l’accessibilité à tous du patrimoine. Associations, lieux privés, monuments et musées se mobilisent et proposent visites guidées, ateliers et conférences. Valérie Delattre, archéo-anthropologue à l’INRAP Nîmes, nous éclaire sur la façon dont les sociétés ont géré le handicap à travers les siècles.

Vous êtes spécialisée dans l’étude du handicap dans les sociétés du passé, en quoi cela consiste-t-il ?

En tant qu’archéo-anthropologue j’étudie les squelettes humains. Depuis quinze  ans, je me suis spécialisée dans le domaine du handicap à la suite d’une rencontre avec un athlète paralympique. Je pilote un programme de recherche unique en France à ce sujet, c’est une nouvelle discipline. Il y a des milliers de données exploitables (textes, iconographie, squelettes) que la paléogénétique, par l’examen de l’ADN ancien, vient aujourd’hui compléter. Cela permet de poser un regard différent sur les sociétés anciennes, de mieux les comprendre et d’éclairer nos propres comportements. Cela balaie aussi pas mal d’idées reçues. 

Lesquelles, par exemple ? 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le handicap n’était pas un facteur d’exclusion, dans l’Antiquité ou le Moyen Âge. Il était fréquent car souvent consécutif à un accident de vie (chute de cheval…) ou congénital. Les gens l’acceptaient, le géraient et l’accompagnaient en cherchant à le compenser. On fabriquait des prothèses et on opérait : on songe à la reine mérovingienne Arégonde, atteinte de poliomyélite, ou à Toutankamon qui, boiteux, était souvent représenté assis pour tirer à l’arc. L’invalidité n’était pas jugée incompatible avec les plus hautes fonctions sociales. La prise en charge de la psychiatrie a même été créée dès le VIIè siècle par les pays arabo-musulmans. Évidemment, le handicap, qui est un vrai curseur social, était mieux intégré en temps de paix et de prospérité qu’en période de crise. Les plus vulnérables et les dépendants étaient les premiers à en pâtir, comme lors des épidémies de peste.

À partir de quand ce regard a-t-il changé ? 

L’ère industrielle, avec l’émergence d’une société productiviste, a indirectement construit l’exclusion des personnes handicapées. Déjà, le siècle des Lumières, malgré toutes ses avancées éducatives, a commencé à catégoriser le handicap. Peu à peu, par marginalisation progressive et progrès scientifiques, le handicap s’est invisibilisé aux yeux du plus grand nombre. De fait, ce champ de recherche renvoie plus généralement à des questions universelles et éthiques en soulignant la menace de l’élitisme et de l’eugénisme.


POUR EN SAVOIR PLUS 
Conférence dimanche 19 septembre à 15h, auditorium du Musée de la Romanité 
100

visites guidées, ateliers ou concerts.

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« La Ville s’est engagée dans une politique d’accessibilité universelle pour l’obtention de la labellisation à la marque d’Etat  » Destination
Pour Tous « »

Véronique Jouve-Sammut,
adjointe déléguée aux handicaps
et à l’accessibilité.

Une signalétique tactile et un QR code pour visiter autrement les monuments romains.

UN WEEK-END POUR TOUS

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Parmi les multiples propositions de ce week-end patrimonial, voici quelques suggestions pour profiter en toutes circonstances de ces journées lorsque l’on se trouve en situation de handicap. Parcours confort Si vous rencontrez des difficultés à la mobilité, ou venez avec des enfants en poussette, la Ville vous indique un parcours sans obstacle des Arènes à la Maison Carrée, en passant par la maison des Atlantes, la cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor ou la Maison gothique (plan à consulter sur nimes.fr et dans le programme).

Un QR code pour s’envoler
Devant la Tour Magne, les Arènes et la Maison Carrée, une signalétique inclusive a été intégrée aux panneaux patrimoniaux. Nîmois et touristes à mobilité réduite, non-voyants ou malvoyants, peuvent découvrir les monuments grâce à des maquettes tactiles 3D et des textes en braille. Des QR codes donnent accès aux textes en cinq langues (français, anglais, allemand, espagnol et italien), et à des vidéos pour que les personnes à mobilité réduite puissent avoir une vue tant de l’intérieur que de l’extérieur (Tour Magne et Maison Carrée).

Romanité pour tous
Le Musée de la Romanité est adapté à tous les handicaps : visioguides spéciaux (FALC, audiodescription, LSF), bâtiment 100 % accessible aux personnes à mobilité réduite, à l’intérieur comme à l’extérieur, fauteuils roulants et cannes sièges mis à disposition, parcours tactile. En outre, l’entrée est gratuite pour les personnes en situation de handicap (sur présentation d’un justificatif), de même que pour un accompagnant, et les chiens guides sont les bienvenus. Durant ce week-end patrimoine, un atelier bac à fouille tactile est organisé dans le jardin du musée pour les 7-12 ans.

Visites en langue des signes du palais de justice et des hôtels particuliers avec l’Association des sourds du Gard.

Tisser des liens
En partenariat avec le Centre d’Évaluation et de Mobilisation des Aptitudes Guillaumet, le musée du Vieux Nîmes propose de découvrir le nouvel accrochage des collections textiles suivi d’un atelier de tissage mené par les personnes en situation de handicap accueillies au CEMA Guillaumet. Samedi à 10h – durée 2h Réservation au 04 66 76 73 70.

POUR EN SAVOIR PLUS
Tout le programme sur nimes.fr

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