L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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Beau comme l’antique

L’Antiquité n’a pas fini de vous faire parler et de ravir vos yeux. Le musée des Beaux-Arts de Nîmes met à l’honneur des œuvres largement inspirées par l’esthétique des monuments, des vestiges et des sculptures romaines jusqu’au 31 octobre à travers sa nouvelle exposition temporaire Beau comme l’antique.

Tomyris, reine des Massagètes fait tremper le chef de Cyrus dans un vase de sang, par Jean-Simon Berthélemy (1766), acquise en 1989

Depuis l’ouverture du Musée de la Romanité, le public accède à une meilleure connaissance de la cité antique et de l’histoire de la septième province romaine. Cependant, l’Antiquité ne s’arrête pas avec la fin de l’Empire romain, et l’héritage d’une telle civilisation a perduré, malgré les phases destructrices et les ravages de l’Histoire.

Le livre comme héritage

La première étape de l’exposition est « le Musée de papier ». Elle permet de comprendre comment les livres ont permis, à ceux qui n’ont pas les moyens de collectionner, d’accéder aux très beaux vestiges de l’Antiquité. Ces mêmes vestiges qui sont découverts et qui circulent en Europe grâce à leurs représentations, dans des livres savants et de très belles planches gravées. Parallèlement, les ouvrages d’architecture vont donner les bonnes proportions des monuments romains. À Nîmes, cette dimension est très importante du fait de la présence de la Maison Carrée et des Arènes. Les savants de l’Antiquité du XVIIIe siècle, appelés les antiquaires, vont s’emparer de cette connaissance. Ils voient leurs travaux influencer les architectes et les artistes. À Nîmes, c’est Séguier qui fonde son cabinet. Un angle de celui-ci est reconstitué pour l’occasion. Après avoir représenté des monuments romains à Rome, Clérisseau vient à Nîmes représenter, graver et éditer les monuments romains. À noter, l’hommage rendu à Séguier concernant la Maison Carrée, où il fait apparaitre l’inscription découverte grâce aux trous des lettres de bronze.

Pour le musée de la Maison Carrée James Pradier propose une sculpture nommée La Poésie légère (1846). Elle avait pour vocation d’être une allégorie moderne supérieure à tous les vestiges présents dans le musée. En arrière-plan, le buste de Xavier Sigalon surplombe les escaliers.

75 %

des pièces présentées font partie des fonds des musées municipaux.

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Nîmes la romaine

Alphonse De Seynes, architecte nîmois, est aussi à l’honneur. Il est à l’origine des aménagements et des fouilles aux abords de la Maison Carrée. Lors de ses travaux, il découvre les péristyles. Il est aussi l’auteur d’une série de dessins représentant les monuments romains, qui se distinguent par la justesse de leurs proportions et la minutie de leur représentation. Nîmes s’inscrit dans le « Grand Tour » : les habitants de l’Europe du XVIIIe siècle et les esprits des Lumières, font le voyage à Rome en passant par Nîmes, réputée pour être la ville française la plus riche en matière d’Antiquité. Durant le Second Empire, les collectionneurs esthètes se constituent des cabinets d’apparats constitués de tableaux, de meubles luxueux et de sculptures en bronze. Pour souligner l’héritage antique dans les arts décoratifs, un tapis, qui reproduit la frise de la Maison Carrée, a même été emprunté au Mobilier National.

Paysages fantasmés

En miroir du travail de Natoire, un espace est réservé aux paysages, les cartes postales de l’époque. Ils représentent des monuments romains de manière fantasmée et complètement imaginaire. Le style italien du Capriccio en est le plus bel exemple, avec ses fausses ruines. Giovanni Paolo Panini, peintre baroque italien, représente quant à lui de vrais monuments romains, mais n’hésite pas à les rassembler les uns à côté des autres. Natoire aurait peint certaines figures dans ces tableaux. Panini est d’ailleurs le formateur d’un des peintres les plus importants pour Nîmes : Hubert Robert. C’est lui qui poussera Natoire à peindre en dehors de son atelier. Deux tableaux de Robert sont visibles durant l’exposition, empruntés au musée de Limoges et au Petit Palais à Paris. Ils représentent la Maison Carrée à la montagne et à la campagne. On connaît son célèbre tableau au musée du Louvre. Cette inspiration ne se limite pas à la France, le « Grand Tour » fait aussi escale dans le nord de l’Europe.


POUR EN SAVOIR PLUS 
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
04 66 76 71 82
www.nimes.fr

Dès le XVIIe siècle, des peintres hollandais se sont intéressés à cette esthétique de l’antique. Jan Weenix et Jan Both n’hésitent pas à représenter des ruines romaines dans des décors peu communs.

Le poème de Jean Reboul, écrit lors du départ de Sigalon à Rome, visible dans les escaliers du Musée des Beaux-Arts.

Ateliers « copier d’après l’Antique »

le 26 août, les 11 et 25 septembre, les 9 et 23 octobre

C’est une séance dans l’atelier de dessin de l’exposition « Beau comme l’Antique ». Accompagnés par Younès Akrouch, jeune artiste de l’Ecole des Beaux-arts de Nîmes, les participants s’initient à la copie d’oeuvres et découvrent l’exposition au travers de son regard d’artiste.

De 10h à 12h. De 16 à 107 ans. 5€, sur réservations au 04 66 76 71 63.

Visite guidée de l’exposition

le 24 et 26 août, les 9 – 14 – 23 et 28 septembre

Découvrer l’exposition temporaire du Musée des Beaux Arts en compagnie du conservateur Pascal Trarieux. 

à 14h30 – Durée : 1h

Tarif : entrée et visite gratuite, sur réservation au 04 66 76 71 82

Pascal Trarieux

conservateur du Musée des Beaux-arts de Nîmes

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Pourquoi organiser cette exposition autour de l’Antiquité ?

Cette exposition fait écho à celle du Musée de la Romanité. Nous avons aussi la chance de voir les bustes et modèles en plâtre, sur l’espace « cours de dessin », qui nous viennent d’un sculpteur nîmois qui s’appelle Mérignargues. Il avait gardé l’atelier de sculpture de son père, qui était enseignant à l’école des Beaux-Arts. À la fin du XXe siècle, ces plâtres disparaissent des écoles, mais grâce à cet atelier privé nous avons pu reconstituer cette collection. Ces plâtres sont le point de départ de l’exposition.

Cette tradition du dessin d’après l’antique est-elle toujours d’actualité ?

Tous ces plâtres, qui étaient la base de l’enseignement, ont été détruits après Mai 68. C’était un geste symbolique pour signer la fin de la toute-puissance de l’esthétique gréco-romaine. On se rend compte aujourd’hui que ce balayage est vain puisque de jeunes artistes reviennent à cette notion de l’esthétique antique. Pour comprendre cet engouement autour de l’antique, il faut remonter au XIXe siècle, avec la gratuité des écoles d’art. Aujourd’hui, cette longue tradition est reprise par les élèves de l’école des Beaux-Arts de Nîmes. Grâce à eux, certains jours, à la fermeture du musée, les visiteurs dessineront d’après les modèles, comme c’était le cas à l’époque.

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