L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

La prévention, clé de voûte de la sécurité

Intensifier l’action auprès de la jeunesse

Pour une protection plus efficace

La prévention, clé de voûte de la sécurité

Intensifier l’action auprès de la jeunesse

Pour une protection plus efficace

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La prévention, clé de voûte de la sécurité

En parallèle du nouveau contrat de sécurité intégré qui va être signé avant l’été entre l’État et la Ville, le contrat local de sécurité de Nîmes vient d’être mis à jour. Pivot de la lutte contre la délinquance, il élabore la stratégie de sécurité et de prévention 2021-2024 et fixe le cap du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), présidé par le Maire.

photographie, tourisme, Nimes

Alors que la Ville réunit ce mois-ci le CLSPD, elle dresse à la fois le bilan sécuritaire des années 2017-2019 à Nîmes et décline de nouveaux objectifs de prévention pour les quatre années à venir. Ces derniers se conforment à ceux fixés par l’État et officialisés en janvier : prévention du basculement des plus jeunes dans la délinquance, prise en compte accrue des plus vulnérables, intégration élargie de la population dans la prévention et la lutte contre la délinquance. Le renforcement de la gouvernance et du rôle du maire dans ce domaine est souligné.

Lutte contre la délinquance : un enjeu prioritaire

Si les infractions sur la voie publique ont sensiblement baissé au cours des dernières années, réduisant le taux de criminalité, les incivilités, l’économie souterraine et les règlements de compte corollaires au trafic de stupéfiants tendent aujourd’hui à gangréner certains quartiers. Après les déplacements du ministre de l’Intérieur et du Premier ministre en mars, des renforts ont été acquis avec 14 policiers nationaux supplémentaires (dont 10 déjà en poste), à la demande de Jean-Paul Fournier. Ces efforts conjugués vont être renforcés par le biais d’un Contrat de sécurité intégré signé cet été. La Ville consacre de son côté des moyens considérables et en augmentation: 9 % de son budget, 1re Police municipale des villes de moins de 200 000 habitants et l’un des plus grands réseaux de caméras de vidéoprotection de France. Son rôle de coordination du CLSPD, qui met l’accent sur la prévention, est un levier complémentaire qu’elle actionne selon les remontées de terrain.

LE CLSPD, C’EST QUOI?

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Le CLSPD animé par le Maire réunit tous les acteurs de la sécurité : Préfète, procureur, instances judiciaires, DASEN, Polices nationale et municipale, mais aussi bailleurs sociaux, représentants des transports… Il permet d’estimer les difficultés au plus près du contexte local et concevoir des mesures ciblées. Son action est permanente à travers une coordination quotidienne menée par la Ville et l’animation de groupes sectorisés notamment les groupes Est, Ouest et Centre, mais aussi thématiques (commerces, éducation, bailleurs sociaux, transports…).

164

policiers municipaux

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433

caméras

Le Premier ministre Jean Castex en déplacement le 27 mars dernier a annoncé des moyens renforcés pour Nîmes.

Intensifier l’action auprès de la jeunesse

Des faits impliquant des mineurs de plus en plus jeunes : Nîmes n’échappe pas au constat national d’une aggravation de la précocité de la délinquance juvénile. La prévention constitue un axe important de sa stratégie qui est consolidée pour les prochaines années.

50 à 70 rappels à l’ordre sont effectués chaque année par la Ville.

Si elle tend à se réduire quantitativement, la délinquance juvénile est surtout plus violente à Nîmes que dans des villes de même taille. Elle n’est pas le fait des mineurs non accompagnés comme on pourrait le croire. Elle découle plutôt de la précarité, des carences éducatives et affectives » relève Éric Maurel, procureur de la République à Nîmes. Environ 600 mineurs étaient impliqués en 2019 dans des faits délictueux, contre 800 en 2015. Malgré cette baisse, ils constituent tout de même plus de 17 % des mis en cause à Nîmes. Les vols avec violence sont notamment commis, pour plus d’un sur deux, par des mineurs. Des indicateurs corroborés par la hausse de l’absentéisme en classe (un phénomène qui touche désormais le secteur primaire), la consommation de drogue, ou encore le cyberharcèlement. Le levier de la prévention apparaît là comme indispensable afin de réorienter des comportements déviants naissants.

Rappels à l’ordre

La Ville reçoit des auteurs d’incivilité ou d’infractions légères sous l’autorité du procureur qui l’autorise à effectuer un rappel à l’ordre, lorsqu’il juge que les faits ne nécessitent pas de poursuites judiciaires. Cette action découle du Conseil des droits et devoirs des familles (CDDF) chargée du suivi des faits d’incivilité non délictuelle. « L’objectif est simple : il s’agit de mettre les parents et le jeune face à leur responsabilité respective, leur indiquer ce qu’ils encourent en cas de récidive et pointer les failles de parentalité » décrit Richard Tibérino, adjoint délégué à la prévention de la délinquance des mineurs. Depuis trois ans, le Parquet a ouvert le dispositif aux jeunes majeurs. Environ 100 dossiers sont suivis chaque année par la Ville, dont 50 à 70 donnent lieu à un rappel à l’ordre. « L’action qui est menée à Nîmes est exemplaire, parce que les dossiers sont bien sélectionnés, cela évite d’orienter des enfants dans une impasse judiciaire », précise Éric Maurel.

Richard Schieven,

adjoint délégué à la sécurité publique

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Pourquoi Nîmes dispose-t-elle d’une Police municipale aussi développée ?

C’est une priorité de la Ville, pour répondre aux besoins de sécurité des Nîmois et pour être au plus près de la population dans tous les quartiers. Avec un policier municipal pour 1 000 habitants, nous sommes au-dessus de la moyenne, la première ville de France de notre strate. Nous avons triplé le nombre de nos agents en 20 ans. Cette hausse va se poursuivre, avec 5 agents supplémentaires par an jusqu’en 2026. Cela se justifie notamment par l’étendue du territoire nîmois, comparable à celui de Paris intra-muros. D’autre part, nous renforçons le réseau de vidéosurveillance de 23 nouvelles caméras en 2021.

Quels sont les enjeux actuels en matière de sécurité à Nîmes ?

Ils s’orientent actuellement vers la lutte contre le trafic de stupéfiants, le développement de la police de proximité, la lutte contre le harcèlement, le développement des actions de prévention. Pour cela, nous disposons d’outils de partenariat primordiaux avec le CLSPD et le Contrat de sécurité intégré sollicité par Jean-Paul Fournier et signé d’ici l’été avec l’État. Ce dernier prévoit 14 policiers nationaux supplémentaires d’ici la fin de l’année, dont dix déjà en poste depuis avril. La proposition de loi « pour une sécurité globale préservant les libertés », adoptée en avril, envisage d’autre part un élargissement des missions déjà très diversifiées de la police municipale.

200

adolescents sont présentés annuellement au tribunal judiciaire à la suite immédiate d’une infraction.
Parmi les 150 jeunes concernés par une mesure éducative ordonnée dans le cadre pénal, la moitié réside au sein des quartiers prioritaires.

*source PJJ

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Les médiateurs de proximité de la Ville vont voir leurs missions étendues ces prochains mois.

Éviter l’engrenage

La Ville accueille 15 (bientôt 20) travailleurs d’intérêt général majeurs par an, et deux postes dédiés aux mineurs. « Le recours au travail d’intérêt général pour les mineurs en collaboration avec la Ville de Nîmes, est appelé à se développer », annonce Gilbert Régès, Directeur de la Protection judiciaire de la jeunesse du Gard et de la Lozère. « La Ville de Nîmes s’inscrit dans une démarche volontariste. Prévenir la récidive, comprendre les circonstances de l’acte répréhensible et favoriser l’insertion sociale et professionnelle, tels sont les principes de l’action éducative au pénal. » Pour éviter qu’un jeune ne dérive à nouveau vers la délinquance, un référent parcours va être nommé. Il sera un appui pour son insertion professionnelle et sociale. Et comme c’est souvent cette dernière qui fait défaut, la multiplication des chantiers éducatifs proposés aux 16-25 ans en difficulté d’insertion s’avère être un véritable outil de remobilisation sociale : une vingtaine sont organisés chaque année par la Ville.

Au contact de l’uniforme

Le contact avec l’autorité peut se dérouler dans le cadre scolaire : les policiers municipaux qui sensibilisent chaque année plus de 4 000 élèves de CM1/CM2 à la prévention routière, rompus à la pédagogie, étendent désormais leur champ d’intervention au numérique, pour mettre en garde les plus jeunes sur les dangers et les conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux. Dans le cadre extrascolaire, le centre de loisirs jeunesse de Valdegour propose tous les mercredis après-midi et pendant les vacances scolaires, un accueil par des policiers nationaux, épaulés par un policier municipal, mais aussi des acteurs de Tango et de l’Éducation nationale pour des activités de loisirs et d’éducation à la citoyenneté.

Des médiateurs de proximité

Six agents de proximité sont missionnés par la Ville pour mesurer et prévenir les risques de délinquance sur la voie publique. Issus ou natifs des quartiers dans lesquels ils travaillent, ils sont connus des habitants et les orientent pour leurs problèmes du quotidien. Leur rôle va évoluer vers une médiation renforcée afin d’aller au contact des jeunes et d’effectuer un suivi personnalisé.

De nouveaux phénomènes dangereux

Face aux nouvelles générations de produits euphorisants, comme le protoxyde d’azote aux effets délétères pour la santé, les jeunes sont rarement conscients ou informés des dangers qu’ils encourent. De la même manière, ils sont trop souvent la proie de défis ou jeux qui les poussent à des comportements dangereux. Une campagne d’information va être conduite pour cibler ces pratiques en lien avec la Direction municipale de la santé.

Pour une protection plus efficace

La sécurité de la population étant un enjeu prioritaire, la Ville s’engage à la renforcer par des mesures ciblées d’ici 2024.

photographie, tourisme, Nimes

Avec un réseau de 433 caméras, le centre de vidéoprotection de Nîmes est le deuxième de France. Son évolution dans les prochaines années devrait renforcer encore davantage son efficacité.

Ces dernières années, la Ville a investi pour contrer le risque attentat, avec l’emploi systématique de barrières anti-intrusion lors d’événements, la sécurisation de toutes les écoles grâce à un dispositif d’alerte centralisé, le renforcement de ses effectifs de police municipale et le développement de la vidéo protection, portant à 456 le nombre de caméras fin 2021. Ce réseau, le deuxième de France, permet à Nîmes la résolution d’au moins deux affaires par jour.

Privilégier le terrain et la proximité

Des marches exploratoires de sécurité sont régulièrement organisées sur les secteurs à problèmes récurrents avec les membres du CLSPD et les riverains pour constater en direct les interventions à mener pour sécuriser efficacement les lieux. C’est vers un renfort du lien de proximité avec les habitants impliqués dans la vie de leur quartier que va se co-construire la sécurité de proximité.Les adhérents au dispositif de participation citoyenne se multiplient en effet à Nîmes : 16 quartiers ont déjà désigné des riverains référents formés et encadrés pour veiller à la lutte contre les cambriolages. Le dispositif va être élargi à d’autres acteurs locaux : associations de résidents, syndics d’immeuble… tandis que le CLSPD, déjà sectorisé, va conduire un nouveau groupe de travail dédié aux comités de quartier.

« Nîmes a mis en place un réseau
de commerces refuges
pour lutter contre le harcèlement de rue, une action pilote en France. 166 commerçants sont géolocalisables grâce à l’appli Nîmes. » Mylène Mouton, conseillère déléguée au droit des femmes, à l’égalité, à la lutte contre les discriminations et à l’aide aux victimes.

Le dispositif «Participation citoyenne», permet aux habitants de se saisir de la sécurité de leur quartier tout en étant accompagnés par les forces de l’ordre. C’est le cas du comité de quartier de la Route de Beaucaire (notre photo).

La Police municipale va s’étoffer de 30 nouveaux agents d’ici 2026.

Aller vers les plus vulnérables

Qu’il s’agisse de l’accueil des victimes, prises en charge par un intervenant social au sein du commissariat, ou de l’accès à la justice de proximité à travers la Maison de la Justice et du Droit implantée à Valdegour, la Ville de Nîmes est en appui financier et physique de ces dispositifs par la mise à disposition de personnel. « Elle a développé en mars le dispositif Angela en lutte contre le harcèlement de rue, réalise des campagnes de communication et d’information et dédie un nouveau groupe de travail thématique sur le thème des violences faites aux femmes au sein du CLSPD », précise Mylène Mouton, conseillère déléguée au droit des femmes, à l’égalité, à la lutte contre les discriminations et à l’aide aux victimes. Autre nouveauté : la direction de la prévention va développer en lien avec le Centre communal d’action sociale l’information des seniors, population souvent victime d’un fort sentiment d’insécurité.

Radicalisation : vigilance accrue

Le Gard est l’un des départements les plus concernés par ce phénomène religieux sectaire. L’échange d’informations confidentielles rendues possibles depuis 2018 a pu améliorer la détection, le signalement et la prise en charge de personnes radicalisées. Un CLSPD restreint va être mis en place prochainement pour accentuer ces échanges.

LA MAISON DE JUSTICE ET DU DROIT

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Installée dans l’ancien collège Diderot à Valdegour, elle assure une présence judiciaire de proximité et participe à la prévention de la délinquance, à l’aide aux victimes et à l’accès aux droits. Elle apporte une réponse immédiate de justice au sein du quartier, avec la prononciation de mesures alternatives aux poursuites par le délégué du procureur. Des consultations juridiques gratuites sont proposées auprès d’avocats généralistes ou spécialisés en droit du travail, auprès d’un conciliateur de justice, d’un délégué du défenseur des droits ou d’associations spécialisées. Espace Diderot, 663 rue Neper, 30900 Nîmes. mjd-nimes@justice.fr


 

« Le Clspd est un outil précieux, qui permet d’adapter très concrètement la politique pénale aux réalités de terrain. La Ville de Nîmes est très investie dans la sécurité, avec un réseau de caméras de vidéosurveillance remarquable et une police municipale qui contribue à la résolution des enquêtes. »

Éric Maurel,
Procureur de la République
 

 

« Notre collaboration avec la police municipale est excellente et quotidienne.450 policiers nationaux sont au service des Nîmois, tant pour les missions de voie publique que d’investigation.Des équipages sont dédiés aux quartiers Ouest et Est. Les rythmes de travail ont été optimisés pour doubler notre capacité de présence et notre nouveau groupe VTT, qui peut évoluer partout en discrétion, est notamment missionné pour lutter contre les points de deal. Tous les renforts reçus récemment sont orientés vers les missions de voie publique.

Jean-Pierre Sola,
directeur départemental de la sécurité publique

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