L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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©Charlie Ambrose

Achdé :

rencontre avec le nîmois
qui dessine lucky luke

Sauf restrictions sanitaires de dernière minute, Nîmes va accueillir l’édition 2021 du Festival de la BD les 7, 8 et 9 mai aux Jardins de la Fontaine. Dédicaces, rencontres, ateliers et expositions seront au programme. Avec en parrain le Nîmois Achdé, dessinateur de Lucky Luke depuis 2002 et figure incontournable du neuvième art. Rencontre.

Comment s’est passée votre enfance à Nîmes ?

Je suis arrivé en 1965 avec mes parents. Nous venions du Maroc. Ils étaient déjà venus à Nîmes dans les années 1950, ma mère avait beaucoup aimé la ville, il y faisait doux comme à Rabat. Après un court passage à Lyon, nous voulions nous rapprocher du soleil et mon père avait trouvé un emploi à Nîmes, nous nous sommes donc installés ici. À l’époque, nous habitions dans le quartier dit de « Super Nîmes » à l’ouest de la ville. Il était composé à 98 % de familles issues des anciennes colonies françaises, c’était un vrai melting-pot culturel. Notre immeuble était en face du stade Marcel Rouvière, qui ne ressemblait pas à ce qu’il est aujourd’hui. J’ai véritablement vu le quartier se construire au fil des ans.

Est-il vrai que depuis tout petit vous rêviez de dessiner Lucky Luke ?

Avec mes frères, nous étions abonnés au journal de Spirou. Un jour, je suis tombé sur un dessin de Morris tiré de Lucky Luke – Le juge, c’était la fameuse scène du duel au poker entre Bad Ticket et le juge Roy Bean sur un ring de boxe au milieu d’une rivière. Pour moi, ça a été le déclic, je suis tombé dedans, un peu comme Obélix dans la marmite de potion magique. L’institutrice en maternelle avait demandé à la classe : « Que voulez-vous faire plus tard ? » Mes camarades répondaient policier, pompier, médecin ou vétérinaire. Pour moi, le choix était clair : je voulais dessiner Lucky Luke ! Il faut rappeler qu’à l’époque, la BD n’était pas très bien vue et qu’il était inimaginable pour ma mère que j’en fasse mon métier.

Comment avez-vous repris le flambeau de Morris ?

Nous nous sommes croisés plusieurs fois et, à chaque fois, j’étais en admiration. En 1999, un projet d’album hommage à Lucky Luke et à Morris est monté, et on m’a contacté pour participer. J’ai demandé s’il était possible de redessiner Lucky Luke et Morris a accepté. Un peu moins d’un an après, j’ai fêté mon anniversaire avec lui en Belgique.

Morris m’a fait comprendre qu’il adorait mon travail. J’ai été très touché, d’autant qu’il n’était pas du genre à être expansif. Quelques mois plus tard, son éditeur m’a appelé pour faire un essai sur Rantanplan, qui devait avoir sa propre série dans les journaux. J’ai été retenu pour le projet et j’ai même écrit les scénarios. Suite au décès de Morris en 2001, son éditeur m’a de nouveau appelé pour me préciser que Morris souhaitait que Lucky Luke lui survive et que j’étais pressenti pour reprendre la main. C’est ainsi qu’en 2002 j’ai commencé avec un premier album, une histoire que Morris n’avait pas pu finir : Le Cuisinier français. En 2022, cela fera vingt ans que je dessine Lucky Luke.

Quels sont vos souvenirs des premiers Festivals de la BD à Nîmes ?

Le premier auquel j’ai participé était en 1986, j’avais même réalisé l’affiche. Nous étions heureux de pouvoir avoir un festival de BD à Nîmes et qu’on nous prenne enfin au sérieux. La ville regorge de lieux qui se prêtent à ce genre d’événements en plein air : les Arènes, les Jardins de la Fontaine, l’Esplanade… Ce festival a connu différentes moutures mais ce n’est pas pour rien qu’il a survécu, Nîmes a toujours eu des libraires spécialisés dans la BD et beaucoup d’auteurs vivent dans la région. On peut réunir un terroir d’auteurs BD, et pas des moindres. Les services de la Ville de Nîmes n’ont jamais abandonné le festival. La Mairie a toujours fait en sorte que le livre soit mis en avant. Même si j’ai quitté la ville, j’y ai vécu trente-six ans et je trouve qu’il y a une dynamique culturelle qui est indéniable, c’est ce que j’ai toujours aimé ici. Nîmes n’est pas seulement tourné vers son passé et son patrimoine mais aussi vers des cultures vivantes, avec notamment la musique, le livre et la BD.


D’INFOS
Renseignements et programme complet
sur nimes.fr et festivalbdnimes.com

TEMPS FORTS DU FESTIVAL

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  • Expositions : « Lucky Luke par Achdé » et « L’Humour en BD »
  • Rencontres autour de la BD : débats avec les auteurs, battle impro-dessinée, projections de documentaires BD et dessins animés, live painting avec un graffeur autour de l’univers de la BD, concert dessiné…
  • Dédicaces : les stands des libraires de Nîmes (Pop Up et Cie, La Bulle, Peter Pan et Le BéDéphile) accueillent les quarante auteurs présents et le public pour des rencontres et des dédicaces.
  • Animations enfants : coloriage, ateliers animés par des auteurs BD, jeux…
    Festival de la Bande Dessinée, Jardins de la Fontaine. Entrée libre.
    Vendredi 7 mai de 14h à 19h, samedi 8 mai et dimanche 9 mai de 10h à 19h
    Horaires modifiables selon les dispositions sanitaires.

Lucky Luke, Un cow-boy dans le coton d’Achdé et Jul est sorti le 23 octobre 2020 aux édition Lucky Comics.

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