L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

Des avancées pour les femmes

Agir contre les violences et le harcèlement de rue

Au plus près des victimes

Des avancées pour les femmes

Agir contre les violences et le harcèlement de rue

Au plus près des victimes

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Des avancées pour les femmes

Née il y a plus d’un siècle, la journée internationale pour le Droit des femmes fait encore date chaque année le 8 mars. On peut le déplorer, car force est de constater que les femmes endossent trop souvent le statut de victimes de violences verbales ou physiques intolérables, qui vont de la drague lourde à l’agression, tant dans l’espace public que dans le cercle domestique. En créant une délégation pour le droit des femmes, la lutte contre les discriminations et l’aide aux victimes, la municipalité s’engage clairement pour qu’à l’échelle de la ville, la situation s’améliore.

photographie, tourisme, Nimes

Alors que les confinements ont mis en évidence l’augmentation préoccupante de la violence intra-familiale à laquelle sont le plus souvent exposées les femmes, mais aussi les enfants, l’époque est à l’éveil des consciences et à l’expression croissante des victimes. À Nîmes, des actions concrètes se produisent : la Ville ouvre ce mois-ci des logements supplémentaires en gestion directe d’extrême urgence afin de mettre à l’abri des femmes victimes de violence ainsi que leurs enfants. Elle déploie également le dispositif Angela contre le harcèlement de rue, qui permet aux femmes en détresse de se mettre à l’abri dans des commerces « refuges ».

Mais où est Angela ?

Quelqu’un vous suit avec insistance, vous adresse des mots déplacés ? Vous vous sentez en danger ? En repérant le logo Angela sur une devanture de commerce, d’équipement public – et quand ils seront rouverts, de bars ou de restaurants – vous pouvez y pénétrer en toute sécurité : le personnel sur place est formé pour vous protéger et vous orienter vers une solution immédiate. Il vous aide à évaluer le risque, appelle les secours ou un proche, un taxi et peut même fermer temporairement sa boutique pour vous mettre hors de danger le cas échéant. Ce dispositif n’est d’ailleurs pas réservé exclusivement aux femmes.

Nîmes est la 5e ville de France à initier ces zones refuges

Ce dispositif importé d’Angleterre il y a deux ans et déjà décliné dans quatre villes françaises s’intègre dans le plan de lutte contre le harcèlement de rue imaginé par le secrétariat d’État à l’Égalité des chances. La Ville a choisi de le mettre en œuvre en créant les outils correspondants (logos, affiches, plaquettes, stickers) et en constituant un réseau de 115 commerçants formés avec l’aide du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles subventionné par la Préfecture pour cette opération à hauteur de 2000 €. À ce titre, Nîmes fait figure de pilote vis-à-vis du plan national qui a déjà séduit Rouen, Caen, Amiens et Reims.

Le France

Si vous voyez ce macaron sur l’enseigne d’un magasin, c’est que vous pouvez y trouver refuge si vous vous sentez en danger.Chaque commerce participant sera prochainement géolocalisé sur l’appli Nîmes.

Si vous voyez ce macaron sur l’enseigne d’un magasin, c’est que vous pouvez y trouver refuge si vous vous sentez en danger.Chaque commerce participant sera prochainement géolocalisé sur l’appli Nîmes.

2e

département de France en nombre de victimes de violence

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+ 52 %

de hausse pendant le 1er confinement

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+ 22 %

de hausse pendant le 2e confinement

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90 %

des cas sont associés à un problème d’alcoolisation

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« La loi du 3 août 2018 crée une infraction d’outrage sexiste pour réprimander le harcèlement de rue, caractérisé par des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste portant atteinte à la dignité. Elle est sanctionnée d’une amende pouvant s’élever à 3 000 € en cas de récidive. »

Agir contre les violences et le harcèlement de rue

La Ville participe à la protection des femmes victimes et à la réduction des inégalités. Elle veut offrir un appui et une vigilance de proximité sur ces problèmes graves qui touchent toutes les couches de la société et tous les quartiers.

De nouveaux logements d’extrême urgence

L’accueil des femmes précarisées par des situations de violences familiales fait partie des missions du Centre communal d’action sociale, qui peut proposer un accompagnement, une orientation et des solutions d’hébergement d’urgence aux femmes recherchant une mise à l’abri, accompagnées de leurs enfants. Le CCAS dispose déjà de 12 logements d’extrême urgence financés dans le cadre de l’Aide au Logement Temporaire. Leur gestion est déléguée aux associations ESPELIDO et l’Association pour le Logement dans le Gard. « Ils permettent de disposer immédiatement d’un hébergement meublé et équipé en attendant une solution pérenne, que la victime prise en charge pourra envisager grâce à un accompagnement social actif et global » indique Marie-Chantal Barbusse, adjointe au maire en charge de l’action sociale, qui a décidé d’aller encore plus loin. « Nous avons décidé de proposer de nouveaux logements d’hébergement d’urgence gérés directement par le CCAS et dédiés spécifiquement aux femmes victimes. Ceux-ci, inclus dans le dispositif départemental des hébergements d’urgence, seront accessibles par le 115 à partir du 1er avril », précise-t-elle. En contrepartie de cette prise en charge municipale, le CCAS va percevoir l’allocation pour logement temporaire au titre de deux places. En pratique, le CCAS supporte les loyers et charges et la bénéficiaire s’engage à s’acquitter d’une participation à hauteur de 10 % de ses revenus et d’un dépôt de garantie. Ces logements sont entièrement meublés et proches de toutes commodités. Leur situation et accès permettent d’assurer une protection à leur locataire.

Des campagnes d’information

Depuis 2019, un service municipal dédié développe des actions en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes et le harcèlement de rue. Émilie Lesyak, directrice de la Prévention, en prend chaque jour la mesure : « Nous enregistrons une vingtaine de cas de violences conjugales à Nîmes par mois en moyenne. Mais ce sont des cas donnant lieu à une intervention policière. On peut supposer sans se tromper qu’il y en a bien davantage. » Informer sur les numéros d’appel, les associations partenaires et lieux d’accueils que l’on peut trouver à Nîmes a donc constitué un préalable nécessaire. Une campagne de communication a été réalisée par la Ville. Sa diffusion à la sortie du confinement fut l’occasion de sensibiliser de nombreux accueils municipaux. Face à la prise de conscience, à l’évolution des besoins et à l’inflation constatée du phénomène de violences intra-familiales durant le premier confinement, une deuxième campagne sur l’ensemble des violences domestiques a été à nouveau réalisée par la Ville à l’automne. « Nous avons voulu insister sur la prévention de la violence au sein du foyer en règle générale, car elle touche malheureusement aussi les enfants et, plus rarement, les hommes » , précise Emilie Lesyak. À cette occasion, toutes les pharmacies de la Ville ont été sensibilisées et formées à l’orientation des victimes de violence, afin de proposer, partout sur le territoire, un relai.

Deux campagnes d’information ont été diffusées par la Ville en 2020.

Des marches exploratoires de femmes ont permis de prendre en compte leurs besoins dans les projets urbains.

« Nous avons décidé de proposer de nouveaux logements d’hébergement d’urgence gérés directementpar le CCAS et dédiés spécifiquement aux femmes victimes.»

Marie Chantal Barbusse,
adjointe au maire en charge de l’action sociale

LE SAVIEZ-VOUS ?

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Chaque année, la Ville dresse un rapport sur la situation de la parité à Nîmes. Vous pouvez en prendre connaissance sur nimes.fr

20

cas de violence font l’objet d’une intervention policière chaque mois.

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Un accueil pour les victimes

Depuis huit ans, la Ville place une assistante sociale issue d’une association spécialisée (Agavip, désormais UDAF) à plein temps au sein du commissariat de Police nationale pour accompagner les victimes ou orienter les auteurs. Plus de 400 personnes y sont suivies par an. Cet emploi est financé à 25 % par la Ville, à 50 % par l’État et à 25 % par le Département.

Faire progresser l’égalité

L’éducation est un autre terrain d’intervention. Dans la rédaction du Projet éducatif territorial 2022-2026, cette dimension fera pleinement son apparition, pour une sensibilisation des enfants au respect mutuel et à la lutte contre le sexisme.Par ailleurs, l’action en faveur de l’émancipation des femmes est un des objectifs poursuivis par les centres sociaux culturels des quartiers. La mise en place des projets de rénovation urbaine s’est appuyée sur la parole des femmes à travers l’organisation de marches exploratoires. Désenclaver et sécuriser des lieux de passage, où le regard réprobateur masculin n’est plus un obstacle à la liberté de circulation, sont des dimensions inscrites dans les futures trames urbaines.

Mylène Mouton,

conseillère déléguée aux Droits des femmes, à l’égalité, à la lutte contre les discriminations et à l’aide aux victimes

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Comment avez-vous mis en œuvre, depuis huit mois, votre délégation ?

Monsieur le Maire a souhaité s’emparer de la question des droits des femmes. J’ai rencontré les principaux intervenants qui agissent dans ce domaine, institutionnels et associatifs, mais aussi des Nîmoises et Nîmois venus m’exposer leur situation.
Le premier constat dressé a été le déficit d’information et la difficulté à repérer les acteurs. C’est pourquoi nous avons réalisé deux campagnes d’information, dans un souci d’efficacité. Nous avons interpellé les ministres de l’Intérieur et du Droit des femmes pour obtenir davantage d’hébergements d’urgence et tester, en tant que ville pilote, le dispositif Angela. Pour les hébergements, monsieur le Maire a pris l’initiative d’en proposer trois nouveaux aux frais du CCAS, dès ce mois de mars.

Quelle est la réaction des commerçants pour le dispositif Angela ?

Très spontanée et favorable et je les en remercie vivement. Nous en avons déjà formé une cinquantaine, et devrions prochainement les géolocaliser sur l’appli Nîmes.
Cet engouement montre que cette action fédère et répond à un réel besoin. Une prise de conscience est nécessaire, tout comme la mobilisation des personnes témoins : il n’est pas normal que des femmes ou des jeunes filles aient peur dans l’espace public ni qu’elles renoncent à des déplacements parce qu’elles ne se sentent pas
en sécurité.

Au plus près des victimes

En partenariat avec la Ville de Nîmes, des associations militent au quotidien pour soutenir, accueillir et informer les victimes de violences.

photographie, tourisme, Nimes

L’accueil de jour du CIDFF 30.

Plusieurs associations historiques comme l’Association gardoise d’aide aux victimes d’infractions pénales et de médiations (AGAVIP – Médiations), le Centre d’information sur les Droits des femmes et des familles du Gard (CIDFF 30) et Via Femina Fama proposent un accompagnement des victimes de violences sexistes et conjugales dans leurs démarches juridiques, psychologiques, de reconstruction et d’autonomie sociale. Leurs actions pluridisciplinaires et transversales co-financées par l’Etat et les collectivités locales, se complètent et regroupent toutes les étapes nécessaires pour soutenir et assister les personnes dans leur parcours, à l’aide d’un panel de professionnels très large (psychologues cliniciennes, juristes…).

Oser parler

Lorsqu’une personne est victime de violences conjugales, le plus compliqué est souvent d’oser dénoncer et appeler à l’aide. Pour faciliter ces premiers pas, différents numéros d’urgence et lieux d’accueils sont à la disposition des victimes, que ce soit simplement pour parler ou même pour franchir les étapes de la séparation et de la reconstruction. Le CIDFF 30 dispose, par exemple, d’un accueil de jour ouvert pour les femmes victimes de violence au sein du couple et leurs enfants situé au 20 rue de Verdun à Nîmes. C’est un lieu convivial, de repos et de transition qui offre différents services : coin repas, espace bureautique, espace de jeux pour les enfants et bagagerie. L’association Via Femina Fama a mis en place un numéro et un pôle d’urgence disponible 24h/24 et 7j/7 pour répondre présent et accompagner les victimes pour déposer plainte, aller chez le médecin, à l’hôpital ou chez l’avocat, déménager… Cette permanence téléphonique est assurée par Danièle Gourves, bénévole de l’association.

Le photographe Grégory Larnac a réalisé ce cliché à l’occasion de la vente aux enchères d’œuvres d’art organisée par Via Femina Fama le 13 mars 2019.

Jean-Paul Fournier, Maire de Nîmes et Mylène Mouton, conseillère déléguée au Droit des femmes, se sont rendus dans les locaux de l’association Via Femina Fama le 20 janvier dernier.

26 300

euros d’aides versées par la Ville aux associations d’aide aux victimes de violences en 2020

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200

interventions d’urgence en 2020 (Via Femina Fama)

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2 443

entretiens menés par les juristes du CIDFF en 2020

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Accès aux droits

Le CIDFF dispose de plusieurs leviers d’action, dont l’accès au droit. L’association fait de l’information juridique grâce à deux juristes qui conseillent et éclairent sur le droit de la famille (rupture, divorce, autorité parentale), droit des étrangers et droit pénal. Ces conseils sont gratuits, confidentiels et anonymes. Le CIDFF du Gard a une convention avec le barreau de Nîmes : cela signifie qu’une personne qui a reçu des informations juridiques de l’association et qui a besoin d’une procédure judiciaire peut bénéficier de l’aide d’un avocat qui va l’accompagner dans sa demande.
L’AGAVIP – Médiations est agréée et conventionnée par le ministère de la Justice. Elle occupe le bureau d’aide aux victimes (BAV) au sein même du Palais de justice de Nîmes depuis 2003. Grâce aux juristes spécialisés en droit des victimes ainsi qu’au réseau relationnel et institutionnel qui a été créé au fil des années avec les commissariats de police, les gendarmeries, les assistantes sociales de secteur, les fonctionnaires de justice, les services du Parquet et cabinets d’Instruction, l’AGAVIP-Médiations répond efficacement aux besoins des victimes sans se substituer au rôle des avocats. Le but est d’améliorer et de participer ensemble à la prise en charge des victimes. Sa principale activité reste l’aide aux victimes, même si les mesures alternatives aux poursuites pénales prennent une place importante. Depuis le 1er janvier 2015, l’association a décidé de promouvoir la justice restaurative (faire dialoguer victime et auteur des faits de violence) et a créé en son sein un service spécialement dédié.

Et après ?

Une fois les victimes hors de danger, on pourrait penser que les associations ont fini leur travail. Pourtant il est difficile de reconstruire sa vie et retrouver confiance en soi suite à une telle épreuve : trouver un travail, un logement et une vie sociale « normale ».
L’association Via Femina Fama permet aux femmes de croire en elles à l’aide de nombreux ateliers culturels, artistiques et sportifs.Elles peuvent petit à petit recréer du lien social, amical et un réseau professionnel. Un parcours est élaboré sur différents thèmes : le corps, l’expression, l’écriture, le bricolage et la créativité.
Le CIDFF 30 dispose aussi d’un secteur emploi et formation avec « une conseillère emploi » qui intervient auprès des personnes qui le veulent. Le bureau d’accompagnement individualisé vers l’emploi permet de guider les bénéficiaires dans leur recherche. Pour les femmes issues des quartiers politiques de la ville, des ateliers sociolinguistiques sont assurés par l’association, la Ville de Nîmes finance cette action. Cela permet de renforcer les compétences orales des femmes pour qu’elles deviennent pleinement actrices de leur propre vie.


POUR EN SAVOIR PLUS 
CIDFF GARD
20 rue de Verdun
04 66 38 10 70

AGAVIP – Médiations
1 rue Raymond Marc
04 66 28 18 38

VIA FEMINA FAMA
viafeminafama@gmail.com
09 51 10 87 28 ou 06 68 44 40 61


 

« Il est essentiel de multiplier les initiatives, on se doit de travailler en réseau avec les institutionnels, les professionnels et les associations sensibilisées aux violences familiales. »

Béatrice Bertrand,
directrice du CIDFF 30 

 

« Les ateliers artistiques permettent aux femmes de retrouver confiance en elles. Certaines bénéficiaires se découvrent un talent qu’elles ne soupçonnaient pas.»

Karline Gaborit,
fondatrice de Via Femina Fama /span>

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