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Sur le front de l’aide alimentaire

L’augmentation de la précarité se traduit surtout par une hausse des secours alimentaires. Tour d’horizon non exhaustif des nombreuses actions qui se déroulent à Nîmes en partenariat avec la Ville et son CCAS.

 Le Samu social en maraude

Une convention tripartite lie le CCAS et la Direction départementale de la cohésion sociale pour le financement (d’un total de 344 700 €) et l’organisation du Samu social, confié à la Croix-Rouge. Ces maraudes sont composées de tournées de nuit renforcées en période hivernale, et de tournées de jour. Une centaine de bénévoles, dont 40 affectés aux maraudes, sont à la manœuvre au quotidien sur le terrain et derrière le central d’appel du 115. « Le but des maraudes, ce n’est pas l’aide alimentaire en soi, c’est d’aider les personnes dans la rue à se réinsérer par le logement », résume Jean-Claude Mollie, vice-président de la Croix-Rouge du Gard. « On donne des boissons chaudes, des sandwichs, des yaourts, des kits d’hygiène, des vêtements, pour prendre contact et discuter. Puis on essaie de les accompagner vers une réinsertion, avec nos travailleurs sociaux. ». Pourquoi y a-t-il encore des gens dans la rue ? « Certains l’assument comme un choix et refusent l’hébergement d’urgence, que nous proposons dans des hôtels ou nos propres centres d’hébergement. Pour d’autres, ce peut être une situation nouvelle. Mais tous les bénéficiaires de la maraude ne vivent pas forcément dans la rue : certains ont un toit, mais pas de quoi vivre. On en voit de plus en plus », précise-t-il. Les maraudes ont lieu tous les jours du lundi au vendredi et sont renforcées les week-ends de novembre à mars. La camionnette du Samu social stationne d’abord à Pablo Neruda, puis parvis de l’église Saint Baudile pour finir avenue Feuchères. Le mercredi, la maraude part à la rencontre de plusieurs sans domiciles fixes identifiés, tandis que les Restos du cœur prennent le relais sur les trois sites habituels du centre-ville. En 2020, la Ville de Nîmes a augmenté sa participation à 50 000 euros.

La banque alimentaire, un « grossiste » solidaire

À la Banque alimentaire, 80 bénévoles et 4 salariés s’activent chaque jour pour approvisionner les 80 associations, CCAS et épiceries solidaires bénéficiaires du Gard, dont une quinzaine à Nîmes, et notamment le Samu social. Une grande collecte est organisée le dernier week-end de novembre dans 160 supermarchés du département, qui représente environ 10 % de ses ressources. Les autres proviennent de l’Union européenne, des entreprises et producteurs et de la grande distribution locaux (58 %) ainsi que des pouvoirs publics et collectivités, dont la Ville, qui verse 31 000 € et avec laquelle un partenariat est établi pour les périodes de canicule. 1 500 tonnes sont redistribuées ainsi chaque année. Près de 5 tonnes de denrées sèches ont été fournies par la Ville à la Banque Alimentaire au printemps pour soutenir les distributions supplémentaires.

Les Restos du cœur sur le front

Les Restos du cœur, dont l’indépendance est un principe fondateur est l’association qui exerce l’activité la plus volumineuse en matière de distribution alimentaire. « Nous avons constaté depuis le mois de juin une dénutrition et une déshydratation des personnes à la rue, aussi nous avons décidé, en coordination avec le Samu Social, de renforcer leur action le mercredi et le samedi », commente son Président Bernard Boulery.

Cette maraude vient compléter l’action de l’accueil de jour pour les personnes sans domicile fixe situé rue Gaston Blanc, qui en reçoit 100 par jour, et les trois centres de distribution alimentaire, situés à Valdegour, Chemin Bas d’Avignon et rue Arnavielle, le plus gros centre du département, qui accueillent 3 600 demandeurs d’aide alimentaire par semaine. Ces derniers doivent au préalable s’inscrire et justifier d’un reste à vivre inférieur à 430 euros environ par mois et par personne. L’association qui n’emploie qu’une salariée à mi-temps repose exclusivement sur l’engagement de ses 627 bénévoles. L’aide alimentaire ne constitue qu’une partie de l’action pour l’association qui professe l’écoute et l’aide à la personne. Outre un soutien financier annuel de 15 000 €, la Ville prête à l’association les locaux de la rue Arnavielle et Gaston Blanc.

Acteurs associatifs historiques

Engagés de longue date dans l’aide aux plus démunis, les acteurs principaux ont tous vu croître cette année le nombre de leurs bénéficiaires : Table Ouverte, Pain partagé, Secours populaire, Secours catholique… « Depuis le premier confinement, nous accueillons le public dans la rue et non plus dans l’épicerie solidaire Defi Market, trop petite. Nous avons réduit les formalités d’inscriptions et donnons de manière inconditionnelle à toute personne qui se présente : le public a doublé par rapport à 2019 », témoigne Marie Orcel, présidente de l’Association Protestante d’Assistance. Parmi les 8 000 personnes secourues en 2020, contre 4 000 l’année précédente, elle a vu affluer des publics nouveaux, des auto-entrepreneurs, des lycéens boursiers, des personnes âgées. Durant le premier confinement, près de 1 000 repas ont été distribués à la Table Ouverte et au Pain Partagé par la Ville qui les a commandés à la cuisine centrale de restauration scolaire.

Le 115 :

Vous êtes sans ressources, sans logement, victime de violence, en situation critique ou témoin d’une personne en situation d’exclusion ? Composez le 115. Un travailleur social vous conseille et vous oriente 7/7 24/24.

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Les maraudes du Samu social ont lieu sur les points de rendez-vous (Parvis Saint Baudile, Pablo Neruda, Feuchères), mais aussi auprès des personnes sans domicile fixe repérées.

Entre 200 et 300 personnes sont actuellement sans abri à Nîmes.

Les Restos du cœur distribuent à Nîmes 3600 colis alimentaires par semaine.

LE SAVIEZ-VOUS ?

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Tous les policiers municipaux effectuent un stage au CCAS pour connaître les dispositifs et participer au repérage et à l’orientation sur le terrain.

Marie Chantal Barbusse

adjointe au maire déléguée à l’action sociale.

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Quelles sont les actions du Centre communal d’action sociale en matière d’aide alimentaire au quotidien ?

En complémentarité de l’aide légale assurée par le Département, nous développons notre propre politique sociale. Dix agents du CCAS reçoivent chaque jour des Nîmois en rupture de ressources. Des chèques d’une valeur de 40 euros peuvent être donnés en cas d’urgence extrême. Pour assurer leur accompagnement, une demande de suivi est présentée en commission hebdomadaire. Une cinquantaine sont examinées chaque semaine, tout au long de l’année. Ce peut être des participations aux factures d’eau, d’assurance, au chauffage, au déménagement, aux obsèques, à la formation… En parallèle nous menons de nombreuses actions : portage de repas aux personnes identifiées vulnérables, subventions aux associations, prêts de locaux, portage de kits d’hygiène…

Comment évolue la situation ?

Nous avons des mères isolées, de plus en plus de seniors, des gens qui travaillaient et qui se retrouvent aujourd’hui démunis. Beaucoup de personnes âgées dans le besoin hésitent à venir solliciter de l’aide, ce n’est pas dans leurs habitudes. La crise a permis de développer la coordination entre les acteurs locaux de la solidarité : il nous faut progresser en ce sens.

Au plus près des bénévoles

© Patrick Aventurier

Invité de la rédaction en partenariat avec le club de la presse, le photographe Patrick Aventurier a suivi l’action du Samu Social de la Croix-Rouge et des distributions alimentaires des Restaus du Coeur.

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