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Du « razzle dazzle »
au Centre technique municipal

L’ancienne biscuiterie Bahlsen reconvertie en centre de tri en 1995 s’est réincarnée en Centre Technique Municipal. Ce dernier accueille désormais des espaces de stockage mutualisés sous la forme d’une plateforme logistique moderne. Pour donner une identité « forte » à cet équipement, les auteurs de sa reconversion, les architectes-urbanistes Nicolas Crégut et Laurent Duport, ont proposé un motif original de camouflage utilisé pendant la Grande Guerre et baptisé « razzle dazzle », visible dès la fin du mois de janvier.

Situé dans la zone industrielle de Grézan, ce vaste site de 69 000 mètres carrés, dont 7 grands hangars, fait partie de cet ensemble d’édifices reconnus comme patrimoine de la cité romaine.

C’est aux côtés de Jean-Pierre Agniel, que nous connaissons comme l’architecte de la tour BRL, que la sculptrice Paule Pascal (1932-2018) compose en 1981 une façade pignon, devenue emblématique en pierre de Vers-Pont du Gard et réalisée par un assemblage géométrique évoquant des totems. Cette œuvre monumentale sera préservée et mise en valeur dans le dispositif de camouflage disruptif sur les façades Est (Halles E et F). La technique du « razzle dazzle » (dazzle signifiant « embrouiller » en anglais) s’est donc imposée et son application sera localisée sur les façades visibles depuis l’espace public qui présentent le plus de désordres à camoufler.

Le camouflage dazzle

Cette technique a été créée aux États-Unis en 1914 par deux peintres qui étudiaient la transposition maritime du principe animal de dissimulation. Ils avaient observé que si les rayures du zèbre ne lui permettaient pas de se fondre dans son environnement, elles l’aidaient à échapper aux prédateurs à cause d’une illusion d’optique. Transposée aux navires de guerre de la flotte britannique, cette peinture aux lignes brisées et aux couleurs contrastées permit de protéger les navires des tirs d’artillerie et de torpilles, en empêchant l’adversaire d’estimer avec précision leur position et leur cap.

Depuis quelques années, cette technique de camouflage s’invite dans la discipline architecturale. Le « dazzle » permet la mise en place d’une illusion d’optique masquant les éléments de façade hétérogènes du lieu. Des lignes épurées pour un dialogue intemporel entre passé et présent, sont également développées pour la signalétique du bâtiment nîmois. Les lettres reprenant l’acronyme du CTM présentent la nouvelle fonction de l’édifice le premier regard et entretiennent un rapport particulier avec les lignes dessinées par Paule Pascal sur le mur pignon couronnant l’entrée.

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