L'ACTUALITÉ DE LA VILLE DE NÎMES

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Quand les commerces se réinventent

Crise et fermetures obligatoires obligent, le seul moyen de maintenir une activité consiste à faire appel à internet et (ou) à se déplacer auprès de la clientèle. Des solutions mises en œuvre par de nombreux commerçants prompts également à maintenir le lien avec le consommateur, et qui perdure aujourd’hui avec la prolongation des fermetures des restaurants. Reportage.

À gauche : Le Maire à la rencontre des commerçants pour leur présenter le pack signalétique « A bonne distance » conçu par la Ville.

Installée depuis deux ans rue Fresque, L’assiette Corse est tout à la fois un bar, un restaurant et une épicerie de produits exclusivement issus de l’île de beauté. Pénalisé comme tout le secteur des bars et de la restauration par l’obligation de fermeture, le commerce continue néanmoins à accueillir la clientèle au rayon épicerie et à livrer plateaux de charcuterie et petits plats confectionnés sur place, livrés par la gérante Christel après 18h. « J’ai mis en place plusieurs points de livraison sur le trajet de mon commerce à mon domicile » explique-t-elle « Si je fais appel à Uber Eats, cela augmente les frais de 30 % et je n’ai pas envie de les faire supporter au consommateur. ». Et cela fonctionne plutôt bien, grâce au compte Facebook mis à jour quotidiennement et suivi par plus de 2 000 abonnés : « Mes deux années d’ancienneté sur les réseaux sociaux s’avèrent précieuses aujourd’hui. Car fidéliser une clientèle sur internet, ça prend du temps. »

Garder le lien avec les clients

Même son de cloche à la pizzeria la Locanda Comptoir italien, où la vente à emporter n’est pas une nouveauté, même si « d’ordinaire toute l’année on est souvent complet en salle et nous ne sommes pas assez organisés alors pour gérer en parallèle et de façon systématique les livraisons à emporter » expliquent les trois associés Élise, Manu le pizzaiolo et Mimmo.
En mode confinement, en revanche, le service de livraison est le seul possible et permet de sauver 50 % du chiffre d’affaires, de quoi limiter un peu la casse. Ce succès est sans doute lié aux talents de graphiste d’Élise, qui gère la communication réseaux sociaux du restaurant d’une main de maître. « Depuis le premier confinement, nous avons ressenti le besoin de maintenir le lien avec nos clients et j’ai réactivé l’animation de nos comptes au rythme d’une publication par jour. En sept mois, nous avons doublé le nombre de nos abonnés qui s’élève actuellement à 3 200. » Des photos et vidéos « pros » et alléchantes qui donnent une vraie visibilité. Rue général Perrier, chez Clipso, on misait en novembre aussi sur le « clique et collecte » qui n’empêchait pas le lien direct avec le client, grâce au drive en pas de porte ouvert. « Le fait d’être en extérieur nous a permis de faire de belles rencontres », s’enthousiasme Delphine, commerçante à Nîmes depuis plus de 25 ans. Spécialisée dans le prêt-à-porter et accessoires féminins, elle a gardé le moral au point d’ouvrir une deuxième boutique en juin, Happy by Clipso, avec son associée Karine.

Diversifier ses activités

C’est le cas du restaurant Dé-k-lé qui a installé une épicerie en face de son restaurant dès le printemps et qui, a ainsi pu maintenir un chiffre d’affaires durant l’été. Mais dès le mois de septembre, la clientèle de l’épicerie faiblit et le deuxième confinement est un coup de grâce « avec 12 salariés, trois loyers, il n’est plus possible de continuer, même si la vente à emporter fonctionnait, cela ne suffisait pas » déplore Mélanie qui évoque un chiffre d’affaires divisé par cinq et une fermeture au moins jusqu’à la fin du confinement. Reste le stand mis en place au Super U de la Cigale, où les fidèles retrouvent leurs plats favoris réservés sur internet. Structure plus légère, le bar-institution 421 surmonte au mieux grâce à son épicerie ouverte début septembre en face de l’adresse chère aux aficionados du comptoir. « L’idée est née pendant le premier confinement et l’épicerie me permet de compléter l’activité bar avec des plateaux apéros. Désormais je les vends à emporter ou je les livre moi-même, essentiellement sur Nîmes » déclare Anthony le gérant. Du côté des Délices de Lola, saladerie ouverte il y a tout juste un an, le plus critique, « c’est le poids du télétravail » qui menace son activité essentiellement méridienne. Elle s’est lancée dans la vente à emporter en ligne et les commandes entreprises (livraisons assurées par La Poste) en complément de la vente sur place. La clientèle trop clairsemée et les aides promises, mais incertaines, de l’État ne suffisent pas à calmer l’angoisse du lendemain.

Se mettre au vert

Tant qu’à se réinventer, autant essayer de réduire son impact environnemental, même si la vente à emporter, consommatrice de vaisselle et emballages jetables, produit l’effet inverse. Plusieurs ont investi dans des emballages entièrement recyclables, bannissant le plastique, d’autres ont adopté le vélo comme mode exclusif de livraison de proximité. C’est le cas d’Ollivier, co-associé de la brasserie du Jean Jaurès, qui livre lui-même du lundi au vendredi les plats réservés par téléphone ou messagerie. Aller au-devant des clients, une opération qui vise surtout à maintenir le lien, à répondre à la demande et à « rendre service ». Disponible le midi seulement, la vente à emporter, avec chaque jour un plat différent, paye une petite partie des frais de fonctionnement, elle est loin de compenser la clientèle d’affaires et de proximité à laquelle la brasserie est habituée. « La vente à emporter, c’est un autre métier, ce n’est pas le nôtre qui est synonyme de partage et de convivialité », conclut Ollivier.

Drive piéton et livraisons en vélo maison, Brasserie Jean Jaurès.

La pizzeria La Locanda garde le lien avec sa clientèle sur les réseaux sociaux.

Vos commerces en ligne

Les commerces nîmois se sont montrés encore plus créatifs durant cette deuxième séquence de confinement avec des initiatives collectives de regroupement en ligne, comme sur des groupes Facebook. Outre la publication d’un annuaire recensant les commerces en mesure de délivrer une offre pendant le confinement sur nimes.fr, la plateforme partenariale « achat-Nîmes.fr » lancée par la Ville propose aux commerçants de présenter leurs services sur une « market place » locale durable qui les référence tous. N’hésitez pas à vous connecter pour les retrouver et effectuer vos achats de Noël en consom’acteur solidaire.
www.achat-nimes.fr
annuaire des commerces sur nimes.fr
www.coeur-de-nimes.fr
Drive et Livraison à domicile Nîmes (groupe Facebook)

Valentine Wolber,

adjointe déléguée aux commerces, aux animations commerciales et à la redynamisation du centre-ville

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Quelles mesures avez-vous prises pour soutenir les commerces lors de ce deuxième confinement ?

La municipalité a utilisé divers leviers, comme les exonérations de droits d’occupation du domaine public qu’elle a prolongées jusqu’en juin prochain ou la prolongation des mesures de gratuité du stationnement, comme la gratuité totale du 19 au 27 décembre. Surtout, elle a voulu accompagner chaque commerce pour la mise en place du nouveau protocole sanitaire et distribué à tous les commerces un kit signalétique pour permettre le respect des jauges réduites. Il est composé de vitrophanies et de stickers au sol, sur le thème des « pattes de croco » pour garder une petite note nîmoise et humoristique face à la morosité ambiante. C’est aussi pour de nombreux commerces des frais d’organisation supplémentaires en moins à assurer. Un soutien concret, quand on sait que les commerces ont fait beaucoup d’efforts et d’investissements pour mettre en place les protocoles sanitaires.

Comment faire le poids face aux plateformes d’achat en ligne ?

Depuis mi-novembre, la Ville incite les Nîmois à consommer local à travers
une campagne de communication et la création d’une plateforme dédiée en ligne, achat-nimes.fr, sur laquelle les commerces sont tous invités à s’inscrire pour centraliser l’offre locale. Chaque commerce nîmois y est recensé selon sa typologie et géolocalisé, charge à lui d’ajouter ses propres informations (ventes à emporter, clique et collecte…). La force du commerce local, c’est l’esprit d’initiative et de solidarité dont il fait preuve, en trouvant des solutions pour maintenir une activité.

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