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MOIS DU FILM
DOCUMENTAIRE :

LE RYTHME EN QUESTION

L’événement est reporté en raison de la crise sanitaire.

La 21e édition du Mois du film documentaire se tient du 6 au 28 novembre. Cette année il est question de rythme pour accompagner la thématique Quick / Slow mise à l’honneur par la bibliothèque ce mois-ci. Cette période singulière nous impose d’interroger nos rythmes de vie, notre rapport au mouvement et, in fine, le sens de nos actes.

Les films proposés durant ce mois de novembre en sont une parfaite illustration : ils adoptent une cadence singulière, se distinguent par un mouvement original ; ils posent un regard empreint de poésie, s’attardent sur des situations et des personnalités surprenantes. En un mot, ils tentent de contenir un instant la frénésie du monde contemporain. La découverte de ces films sera accompagnée par des rencontres avec des personnalités du cinéma, de la musique, de la poésie et des sciences. Et comme chaque année, les bibliothèques de la ville se sont entourées de leurs fidèles partenaires : Le Sémaphore, le Musée d’art contemporain du Carré d’Art, l’association Anima, l’École supérieure des Beaux-arts de Nîmes, l’association Écrans Britanniques, Occitanie films et Occitanie livre et lecture.

Un parrain pour un hommage

Jean-Paul Fargier, cinéaste, journaliste critique d’art et de cinéma, sera présent lors de plusieurs séances pour présenter le travail de Jean-Daniel Pollet, dont il était très proche puisqu’il a travaillé sur la réalisation de son dernier film Jour après jour. Avant la mort de Pollet, ils ont eu le temps tous deux de réfléchir à la construction du film et Fargier est allé au bout du projet. Il vient aussi de publier le livre La vie retrouvée de Jean-Daniel Pollet aux éditions de l’Œil. Cinéaste trop peu connu, Jean-Daniel Pollet fait pourtant partie des plus grands, de ceux qui laissent une trace et qui inspirent. Très proche de la Nouvelle Vague, ce cinéaste atypique aborde toutes les formes cinématographiques : de la comédie populaire au cinéma et à l’essai cinématographique poétique. L’année 2020 est le moment parfait pour (re)découvrir le travail de ce cinéaste : une rétrospective lui est dédiée à la cinémathèque française ainsi qu’à la cinémathèque de Toulouse. Localement, l’école des Beaux – Arts de Nîmes a organisé pendant 3 ans un programme de recherche autour du travail de Pollet. Ce travail a abouti à une édition d’un ouvrage collectif du nom de Machine Pollet (éditions MF, 2020) et à la réalisation d’une dizaine de films par les étudiants dont on découvrira une sélection le 10 novembre. Pendant le Mois du film documentaire, ce ne sont pas moins de 4 films de Jean-Daniel Pollet qui seront projetés dans des versions totalement restaurées.
• Samedi 7 novembre à 17h : « Jour après jour » à Carré d’Art
• Dimanche 8 novembre à 11h « Trois jours en Grèce » au Sémaphore
• Mardi 10 novembre à 18h30  « Pourvu qu’on ait l’ivresse » à Carré d’Art avec l’ESBAN
• Jeudi 12 novembre à 18h30  « Méditerranée » à Carré d’Art

Wang Bing

Wang Bing est un cinéaste majeur âgé de 52 ans et qui travaille seul. Considéré comme l’un des plus grands cinéastes chinois du moment, il a consacré toute son œuvre à raconter, montrer, archiver les mutations de la Chine contemporaine. Sans aucune autorisation,
il s’approche, prend le temps, rencontre et donne la parole. Depuis plus de 20 ans, il construit sous forme kaléidoscopique un portrait de la Chine post-moderne. Il voyage aisément entre l’art contemporain et le cinéma documentaire et côtoie autant les galeries d’art que le monde du cinéma documentaire. Il considère qu’il ne parle pas de politique mais que les événements politiques font irruption dans ses films. Deux films du cinéaste seront proposés pour le Mois du film documentaire. Pour la projection du film L’homme sans nom, le Musée du Carré d’Art invite Pascale Cassagnau, historienne et spécialiste du cinéaste, auteure d’un article nommé « Éloge de la lenteur
au cinéma ».
• Samedi 14 novembre à 15h « Fengming, chronique d’une femme chinoise » à Carré d’Art
• Vendredi 20 novembre à 18h30 – « L’Homme sans nom » à Carré d’Art

Dominique Rousselet,

chargée du cinéma documentaire à la Bibliothèque Carré d’Art

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Comment s’est fait le choix de cette thématique Quick / Slow ?

Depuis 3 ans nous avons l’idée de développer une thématique transversale qui vient rythmer les contenus des rentrées de l’automne et du printemps. Toutes les actions culturelles sont menées autour de ce choix. Vu le contexte actuel, « le rythme » s’y prête bien. Il nous permet des questionnements sur les formes et d’aborder à la fois des problématiques économiques et écologiques. Pendant le Mois du doc’ nous présentons des films aux formes particulières avec une temporalité spécifique sur des choses que nous ne regardons pas vraiment d’habitude. C’est le principe du cinéma documentaire : s’arrêter sur un événement, une personnalité ou un sujet.

Comment dessiner une programmation cohérente avec autant de partenaires culturels ?

On se connaît bien et nous collaborons ensemble au Mois du film documentaire depuis une dizaine d’années. Il y a des partenaires qui participent tous les ans et d’autres selon leur inspiration sur la thématique proposée. Une fois cet axe choisi, nous échangeons et nous faisons nos propositions. Nous avons souvent déjà des films en tête, nous trouvons des connexions et parfois nous faisons des découvertes. Nous avons par exemple l’opportunité de proposer la projection, le 24 novembre, du film Âme qui vive avec Occitanie Films et Occitanie livre et lecture. Grâce à ce partenariat, nous pourrons profiter de la présence exceptionnelle de la réalisatrice libanaise Éliane Raheb pour un moment unique.

« Jean-Daniel Pollet fraie dans le cinéma moderne un chemin unique, totalement original. Il en a déplacé les conventions, inventant de nouveaux traitements de la matière documentaire ou d’une histoire scénarisée.»

Jean-Paul Fargier

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Méditerranée de Jean-Daniel Pollet, à voir le 12 novembre.

Fengming de Wang Bing, à voir le 14 novembre.

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