LE JOURNAL D'INFORMATION DE LA VILLE DE NÎMES

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Développer les cultures numériques

Une fois vaincue la peur de l’ordinateur ou de la technologie mobile, ceux-ci se révèlent être un formidable terrain d’exploration et de liberté de création. Une conquête qu’encourage le réseau des bibliothèques comme une forme d’émancipation culturelle et sociale.

Si elles sont impliquées dans l’accompagnement numérique à travers leurs EPN, les bibliothèques de Nîmes n’en oublient pas pour autant leurs missions culturelles premières qui consistent à éveiller le public à l’art et à la connaissance. Des clés pour mieux appréhender le monde, prendre confiance en soi, découvrir ses propres compétences et reprendre l’ascendant sur la machine. Et ça tombe bien, le réseau dispose de trois bibliothèques flambant neuves ou entièrement rénovées, avec une grande place réservée au numérique : Marc Bernard, Jean d’Ormesson et Carré d’Art (Serre cavalier, actuellement fermée au public en raison de la crise sanitaire, dispose également de deux ordinateurs accessibles). En 2021, le médiabus devrait être également équipé d’un ordinateur et d’une tablette.

Arts numériques

Labellisée bibliothèque numérique de référence en 2011, le réseau nîmois ne lésine pas sur les moyens pour favoriser la création numérique ou son approche ludique. « Le jeu est un outil d’apprentissage : par le niveau de relaxation qu’il procure, on réactive le processus de confiance en soi en chassant le stress. Monter des projets avec les enfants autour du numérique leur permet de prendre conscience de leurs capacités : en écrivant une ligne de code qui va ensuite animer un robot, ils comprennent que c’est eux qui mènent le jeu et que les possibilités sont nombreuses », explique Caroline Very Mathieu, responsable de pôle de développement numérique du réseau des bibliothèques. L’atelier de création numérique de Carré d’Art permet de créer en vidéo-mapping et en écriture interactive des récits imagés et sonores, ou d’expérimenter sur des projets de réalité virtuelle. On peut également recevoir une formation pour créer un site web, apprendre la retouche d’image, le graphisme. Le Fab Lab du pôle Jean d’Ormesson a une vocation éducative et créative. Il ne s’adresse pas spécifiquement à un public de « makers » avertis, mais plutôt au public néophyte, pour l’accompagner dans la fabrication de ses propres projets de jeux. Du porte-clés à la borne d’arcade, en passant par le casque de réalité virtuelle en carton recyclé, tout se fabrique et il n’y a guère de limites sauf l’imagination.
Imprimantes 3D, graveur et découpeuse laser, presse à chaud, plotter d’impression ou brodeuse numérique : on dessine sur écran puis on imprime l’objet. « On cherche à dé-diaboliser les écrans et montrer aux jeunes que le numérique, ce ne sont pas que les jeux vidéos et les réseaux sociaux, on peut aussi les aborder en mode actif », décrit Geoffrey Undereiner, fab manager. Le fab Lab est en accès libre tous les jours du lundi au vendredi de 16h à 18h, et au travers d’ateliers sur inscription de 14h à 16h.

Le sacre du jeu vidéo

Avec le festival Nîmes Open Game Art, dont la 7e édition se déroule du 5 décembre au 3 janvier dans toutes les bibliothèques de la Ville (hormis Serre Cavalier), Nîmes fait figure de pionnière en France en matière de promotion culturelle du jeu vidéo (voir page 32). Au-delà de la simple pratique, cet événement questionne chaque année une thématique nouvelle sur les enjeux, les impacts, les potentialités de l’univers du jeu vidéo, première industrie culturelle au niveau mondial. Parallèlement, le réseau propose de nombreux postes en accès libre avec des équipements de qualité, comme les 8 postes de marque Alienware en accès libre de Carré d’Art, sans oublier le casque de réalité virtuelle.

Internet gratuit

Autre argument pour rendre plus attractif l’univers des bibliothèques aux jeunes générations, la connectivité est aujourd’hui facilitée grâce au réseau Wi-Fi gratuit Gecko : en quelques clics, on choisit ce hot spot et l’utilisation devient gratuite au sein des équipements. Des prises pour recharger les batteries des ordinateurs et des portables sont en multiples points disponibles pour favoriser le confort connecté des usagers. Par ailleurs, le réseau met à disposition de ses abonnés (moyennant un abonnement annuel modique) de nombreuses ressources en ligne de valeur : jeux vidéo indépendants, films, visites virtuelles de musée, concerts, cours de langue en ligne, soutien scolaire, code de la route… Autant de possibilités redécouvertes durant le confinement.

Le fab lab de la bibliothèque Jean d’Ormesson : on peut y fabriquer gratuitement tout type d’objet, conçu préalablement sur informatique, en ateliers ou en accès libre, accompagné d’un médiateur numérique et d’un fab manager.

Des ateliers numériques inclusifs et créatifs sont également proposés tout au long de l’année : initiation au vidéo-mapping, ou ateliers thématiques en lien avec la programmation de la bibliothèque..

Jeux vidéo : La culture des jeux vidéo a trouvé sa place dans les bibliothèques où des PC haut de gamme sont en accès libre.

« L’idée d’inclusion numérique, née vers 2013, témoigne d’une prise de conscience de la nécessité de prendre en compte la dimension humaine et la diversité des exclusions numériques.

Le rapport du défenseur des droits Jacques Toubon, sorti juste avant le confinement, souligne des difficultés croissantes et préoccupantes (sur la question du non recours et de l’accès au droit). On a longtemps pensé qu’il suffisait d’équiper des lieux pour les réduire mais s’approprier l’outil n’est pas magique, il faut une médiation adaptée, formée, structurée et sécurisée dans ses fonctions. On sera plus efficace à développer des services 100 % inclusifs plutôt que 100 % dématérialisés. »

François Huguet,
Nîmois chercheur en sociologie associé à Télécom Paris à la Chaire en innovation publique ENA–ENSCI

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« La transformation numérique de notre société s’impose à tous, elle implique des adaptations rapides.

On observe que l’illectronisme va souvent de pair avec l’exclusion sociale : un usager sur deux de nos EPN n’est pas autonome. C’est pourquoi la Ville a mis en place des dispositifs d’e-inclusion. Les administrations n’étant pas interconnectées, nous devons bien souvent accompagner ces publics sur des démarches impliquant la transmission de documents sollicités auprès d’une autre administration, ce qui complexifie le dossier usager. »

Karim Agniel,
chef de service Proximité en charge des centres sociaux culturels de Nîmes

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La Ville en mode smart-city

Démarches en ligne, vidéoprotection, application mobile, bornes wifi, arrosage centralisé, prévention et gestion des risques, nouvelles pistes cyclables… La « ville connectée » existe déjà dans votre quotidien : quand vous réalisez vos démarches administratives sur le site de la mairie, quand vous signalez un dysfonctionnement sur l’espace public ou consultez le menu de la cantine de votre enfant sur l’application « Nîmes », quand vous vous connectez au wifi public gratuit ou encore quand les agents de la collectivité préviennent et gèrent les risques et incidents pour assurer votre sécurité. Améliorer la qualité et le cadre de vie des usagers, c’est l’objectif de la démarche « ville connectée » : une ville numérique, mais aussi durable, innovante, collaborative, résiliente, inclusive, attractive et humaine, la technologie étant un outil et non une fin en soi.

SUITE DU DOSSIER

Accompagner l’essor numérique

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Des aides pour se connecter

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