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Le bois secret des Espeisses

Pour célébrer la fête de la nature qui se déroule en France du 7 au 11 octobre, le service Biodiversité Espaces Naturels vous invite à découvrir la zone de tranquillité du bois des Espeisses, un poumon vert de 30 hectares habituellement fermé au public. Une expérience d’immersion en garrigue quasi vierge au cœur de la cité.

Ancienne citerne recueillant les eaux d’un impluvium. © Sylvain Bidot

Si tout le monde connaît le Bois des Espeisses, vaste espace naturel aménagé pour accueillir un public de tous âges pour des activités ludiques ou sportives, rares sont ceux qui ont déjà eu le privilège de pénétrer dans la zone centrale, encadrée de grilles et réservée aux équipes chargées de l’entretien et de la surveillance des espaces naturels de la Ville. C’est pourtant bien là que se trouve le bois à proprement parler, c’est-à-dire une végétation dense, épaisse, de forêt méditerranéenne laissée volontairement à son développement naturel, afin de permettre à la faune locale de s’y retrancher pour s’y développer et s’y reproduire au calme.

Une présence humaine ancienne

Sylvain Bidot et Cyrielle Bernard, animateurs éducateurs à l’environnement, vous guideront à travers ce lacis végétal percé de petits sentiers à peine visibles (n’oubliez pas vos petits cailloux, mais évitez les miettes de pain !). L’immense bergerie en pierres sèches, où logent depuis 20 ans les services des espaces naturels municipaux, est le seul endroit d’occupation humaine aux alentours. Passé l’édifice restauré il y a 5 ans, aux abords dégagés pour respecter les normes incendie, vous vous engouffrez à la queue leu leu dans le sentier bordé de buis et de chênes verts, l’arbre maître des lieux. Très rapidement, vous arrivez dans une clairière où deux vestiges apparaissent, témoins de l’exploitation agricole des siècles passés. Une garenne ancienne en pierre indique que les anciens occupants s’y approvisionnaient en gibier grâce à des ouvrages imitant les terriers naturels des lapins. Deux autres sont disséminées dans les 30 hectares de la zone refuge. À proximité, on découvre un impluvium, vaste plancher calcaire de 100 mètres carrés en pente douce chargé de conduire l’eau vers un bassin-citerne en pierres sèches, qui se remplit lors d’épisodes pluvieux importants. Probablement le site a-t-il servi de réservoir pour les bêtes. Autrefois, le site était exploité pour le bois de chauffage, tandis que les crottes de moutons étaient récupérées pour fertiliser les terres. Peu à peu, la végétation prend place sur ces témoins du passé, tel ce pistachier térébinthe qui trône sans complexe sur l’impluvium. S’ensuit une promenade rafraichissante dans le couvert végétal dense, durant quelques centaines de mètres on monte jusqu’à un petit plateau de garrigue puis on redescend en traversant zones ouvertes et boisées.

À la découverte des habitants de la zone de tranquillité.

Le moins bruyant vous serez, le mieux vous en percevrez les diverses sonorités. Et des habitants, il y en a, de petits et de grands. Un paradis pour les araignées, papillons, sauterelles, lézards, oiseaux comme le gobe-mouche noir, en ce moment en halte migratrice. Des pièges photographiques thermiques ont permis de mesurer la présence d’un couple de chevreuils, de fouines, de renards, de genettes. Et de moult sangliers, une espèce malheureusement envahissante. Ici se décline la végétation méditerranéenne avec ses buis, ses lauriers-tins, ses salsepareilles, ses arbousiers, ses cystes et ses coronilles. Cette balade permet d’observer également les altérations causées par les épisodes de sécheresse de plus en plus longs, y compris les sécheresses hivernales. Les deux précédentes années ont ainsi été catastrophiques sur la partie sud, entraînant la mort de chênes verts centenaires.

Un site naturel resté intact durant 10 siècles

La mention la plus ancienne de ce bois remonte à 1140 : il appartient alors au chapitre de Nîmes, le pouvoir ecclésiastique des chanoines, qui l’exploitent pour les fagots de boulange. Son statut de devois, jusqu’à la Révolution, une exception dans les garrigues laissées libres à la pâture, lui confère un statut d’exclusivité : seul le propriétaire peut y entrer. Malgré tout, il sera traversé par les chemins des camisards. Ce bien échappe à la taille, impôt royal servant à financer l’armée. Compte tenu des besoins en énergie de l’époque, alors que les forêts françaises sont décimées par la coupe, le bois des Espeisses fait figure d’exception.
À partir de 1815, le bois sera vendu à plusieurs reprises à divers propriétaires qui y pratiquent une activité silvo pastorale. En 1990, la Ville de Nîmes acquiert le domaine auprès de la famille Barbusse. Après en avoir aménagé le pourtour, elle l’ouvre au public en 1998.

Gobe-mouche noir. © Sylvain Bidot

Sympétrum. © Sylvain Bidot

Pacha à deux queues. © Sylvain Bidot

29

espèces d’oiseaux recensées cette année sur l’ensemble du bois des Espeisses.

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3

garennes, 1 bergerie et 1 impluvium.

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Quatre sorties nature à ne pas manquer

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« Venez chercher la petite bête » : allons à la rencontre de ces minuscules à six pattes ; les insectes ! Mercredi 7/10 de 14h à 17h
À partir de 7 ans.

« Les mystères de la zone de tranquillité » : Qu’est-ce qu’une zone
de tranquillité, à quoi sert-elle ? Venez découvrir la partie cachée
du poumon vert de notre ville ! Vendredi 9/10 de 9h30 à 12h
Tout public

« Cache-cache nature au bois » : Ouvrons grands les yeux
et les oreilles et essayons de dénicher la vie secrète de la faune
de la zone de tranquillité du Bois. Samedi 10/10 de 10h à 12h30
au Bois des Espeisses – À partir de 7 ans.

« Prenons-en de la graine » : Quand il s’agit de s’adapter, de coloniser et de survivre, les plantes font preuve d’un savoir-faire extraordinaire. Venez déambuler dans la zone de tranquillité et découvrir les facettes de l’évolution de notre garrigue. Dimanche 11/10 de 14h à 16h30 au Bois des Espeisses. Tout public
Gratuit – Inscriptions au 04 66 27 76 37.

« Nous essayons d’ouvrir des clairières pour recréer la végétation de garrigue, car les espaces naturels qui se referment s’accompagnent d’un appauvrissement de la biodiversité. Ces ouvertures qu’on laisse en herbe voient des espèces végétales en dormance réapparaître, avec leur cortège d’insectes, d’orthoptères, d’oiseaux, de reptiles et de mammifères. Plus on a une diversité d’habitats, plus on a d’espèces présentes. »

Sylvain Bidot,
animateur éducateur à l’environnement.

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