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Ces premiers Maires
qui ont marqué la Cité

C’est le 8 février 1790, pendant la Révolution, qu’ont lieu les premières élections municipales à Nîmes. Les premiers maires connaissent une brève durée de vie et de mandat, et seuls quelques-uns ont marqué la ville de leur empreinte. Voici l’histoire de quatre d’entre eux.

 Jean Duplan (1812-1861)

Né à Bernis, ce négociant en soierie est représentatif des notables nîmois de l’époque, l’industrie du textile battant son plein, et il est membre de la chambre de commerce de Nîmes. Il est nommé maire en titre en août 1857, après avoir assuré l’intérim suite à la démission de Jacques-Philippe Pérouse en 1856. Il fait aménager le puech des Juifs, une colline aride recouverte de moulins à vent et transformée en promenade attractive en s’inspirant des Jardins de la Fontaine. Ce quartier prendra par la suite son nom, le Mont Duplan. Il décide de conserver la place d’Assas, dont la vente avait été votée en 1849. Il pose la première pierre du Temple de l’Oratoire à la place de l’ancien abattoir aux porcs. Il aménage le square de la Couronne à la place d’un ancien cimetière désaffecté et fait l’acquisition de l’Hôtel Rivet pour y héberger l’œuvre de la Miséricorde. En 1860, la municipalité décide la reconstruction de l’église Saint-Baudile et organise à cette occasion un concours public d’architecte. Il fait également consolider l’amphithéâtre, et fait installer un paratonnerre sur le toit de la Maison Carrée. Édile populaire, il meurt en fonction en janvier 1861.

Ali Margarot (1838-1885)

Élu le 1er mai 1882 et banquier de profession, il est l’une des plus grosses fortunes nîmoises. Margarot est d’origine protestante et franc-maçon, il applique avec conviction les lois de Jules Ferry sur la laïcité dans les écoles. Il est à l’initiative de l’installation du lycée de garçon dans l’ancien hospice d’humanité sur le bd Victor Hugo, (l’actuel Lycée Daudet) et en 1882, il crée une école publique place de l’Oratoire et institue des cours supérieurs pour les filles. Héritant du projet des Halles couvertes (initialement prévues entre les places Bellecroix et du Château), la municipalité Margarot décide de les installer à l’emplacement de l’ancien couvent des sœurs de la Miséricorde et l’inauguration a lieu les 9 et 10 novembre 1884. Ce maire engagé interdit les processions de la Fête-Dieu, très prisées des catholiques, combat l’ensemble des traditions locales, les langues régionales et s’oppose aux courses de taureaux… En 1885, la banque qu’il dirige est au bord de la faillite et Ali Margarot se suicide d’un coup de révolver. La même nuit, un terrible incendie va ravager le théâtre de la Renaissance (actuelle Université des Carmes). Le Mont Margarot fut baptisé en son honneur.

Hubert Rouger (1875-1958)

En mai 1925, ce fils de vigneron, qui avait déjà était maire intérimaire de 1909 à 1910, revient à la tête de l’administration municipale. Grâce à la gestion rigoureuse de son prédécesseur Josias Paut, qui n’avait contracté aucun emprunt, Hubert Rouger hérite d’une situation financière lui permettant de lancer de grands travaux, ce qui lui vaudra le surnom de « malade de la pierre » par ses détracteurs. Ce grand bâtisseur de l’entre-deux-guerres va entre autres construire une nouvelle école d’application technique rue Dhuoda, transformer l’ancienne école de la place de la Calade en foyer communal (actuel théâtre), créer un stade sportif à Saint-Césaire (Marcel Rouvière) ainsi qu’un bassin de natation rue Notre-Dame aujourd’hui détruit. Il inaugure l’hôpital Gaston Doumergue route d’Uzès et ouvre un sanatorium à Serre-Cavalier en 1934. Le cimetière du Pont de Justice est également ouvert sous son mandat. Il fait placer de nombreuses statues dans la ville, dont celle du taureau au bas de l’avenue Jean Jaurès, qui est en fait un bœuf venant du Trocadéro à Paris et importé lors de l’exposition universelle de 1937. En juillet 1940, Rouger donne les pleins pouvoirs à Pétain mais sera néanmoins révoqué au mois de novembre.

Edgar Tailhades (1904-1986)

Homme politique, avocat et résistant français, il est maire de Nîmes de 1947 à 1965. Il naît dans une famille modeste de filateurs et fait ses études secondaires au lycée de garçons de Nîmes, puis obtient une licence en espagnol et un DES en droit à Montpellier. En 1925, il est élu conseiller municipal dans l’équipe d’Hubert Rouger, puis sera élu maire en 1947 face à Léon Vergnole. Sous son mandat, la ville de Nîmes vit la renaissance des activités tauromachiques et en particulier la mise en place de la Feria avec bodegas. Il fait construire les lycées Camargue (Hemingway) et Montaury (Camus) et en 1951, il remplace le tramway (mis en place en 1880) par des bus. À la fin des années 50, il fait construire le quartier du Chemin-Bas d’Avignon pour reloger les gens des taudis du centre-ville et pour faire face au boom démographique, il décide de créer un quartier à l’ouest de la ville. Le 2 mars 1961, Nîmes est la première ville de la région à avoir l’autorisation de créer une ZUP, 10 240 logements seront ainsi créés. L’aéroport (Garons), militaire et commercial est inauguré en 1961, et le quartier du Mas de Mingue et le boulevard périphérique voient le jour quelques années plus tard. Il perd les élections en 1965 face à Émile Jourdan. Edgar Tailhades fut également sénateur du Gard de 1947 jusqu’à sa mort en 1986.

Dès le 12e siècle, la ville avait acquis l’autonomie municipale et était dirigée par un consulat, composé de consuls représentants les catégories d’habitants (le 1er consul posséda l’office de maire en 1762). En 1789, la Révolution instaurera une tentative de désignation par le peuple et un décret fixera à 3 francs la contribution pour s’inscrire à la maison communale (actuel Hôtel de Ville) pour pouvoir voter le jour du scrutin. Élection qui portera le baron de Marguerittes au pouvoir. Face aux scandales et aux tensions, l’Empire rétablira à peine quelques mois plus tard, la nomination de l’édile par le pouvoir central sur ordre du préfet. Ce n’est qu’en 1882 que naissent les élections telles que nous les connaissons aujourd’hui, c’est Ali Margarot qui sera le premier maire élu par le conseil municipal.

La municipalité Jean Duplan décide la reconstruction de l’église St Baudile en 1860.

La Municipalité Margarot a réalisé les Halles couvertes.

Le boeuf du cours Jaurès avait été exposé au Trocadéro.

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