LE JOURNAL D'INFORMATION DE LA VILLE DE NÎMES

Vivre Nîmes
ACCUEILDOSSIERS > Bâtir avec, fonctionner ensemble

Bâtir avec, fonctionner ensemble

Depuis sa genèse, le moteur du projet tourne à l’innovation éducative et sociale. Décloisonner pour renforcer la collaboration, écouter sans cesse les utilisateurs, quel que soit leur âge, les guider dans le processus d’élaboration des choix, pour les rendre acteurs et responsables : une méthode collaborative est née, qui porte déjà ses fruits. Et qui est déjà en vigueur pour la construction d’une autre école : celle du Clos d’Orville Léo Rousson. À lire bientôt dans Vivre Nîmes.

photographie, tourisme, Nimes

LES ÉLÈVES DE L’ÉCOLE ALBERT CAMUS ont élaboré le mobilier de la cour d’école avec des étudiants en Design : espaces calmes, ludiques, piste cyclable… À découvrir dans sa totalité en septembre 2020.

C’est avec joie et impatience qu’ils ont pris possession du nouveau pôle : enseignants, parents et élèves ont suivi de près toutes les phases de la construction et ont activement collaboré à sa conception. Cette école, cela fait quatre ans que les élèves s’y projettent, et presque deux qu’ils visitent régulièrement le chantier. Ils ont mis à contribution leurs méninges pour imaginer une école idéale, mais aussi appris les rouages de la démocratie locale, pour une mise en œuvre réaliste, rencontré l’architecte, les deux sociologues du CNRS missionnés par la Ville, élus et techniciens, constituant au passage leur propre armature de citoyens en herbe. De leur côté, les mamans d’élèves ont créé une association de parents d’élèves (l’APE) associée étroitement au processus.

Établir le projet de vie de l’établissement

Ce 15 janvier 2020, une trentaine de personnes se sont réunies au sein du nouveau collège Ada Lovelace. En attendant la prochaine au sein du nouvel établissement, fin février, il s’agit de définir ensemble un projet de vie d’établissement. Autour de la table, les enseignants, dix mamans, des sociologues et différents cadres du service éducation, le principal du collège, la coordinatrice du projet urbain, la responsable de la construction,
les directrices du centre Jean Paulhan et de la ludomédiathèque. Pour la Ville, c’est une nouveauté. Après la conception du bâtiment, le volet mobilier, un chapitre nouveau est à écrire à plusieurs mains : le mode de fonctionnement de cet établissement hors normes, qui doit conjuguer contraintes habituelles, et notamment de sécurité, et possibilités inédites. « Nous allons formaliser par écrit les valeurs communes et poursuivre des échanges continus, pour mettre en cohérence nos feuilles de route (projet académique et REP +, projet éducatif territorial nîmois établi par la Ville), les attentes, les pratiques » leur explique Thierry Léouffre, Directeur de l’Éducation de la Ville de Nîmes et animateur de cette réunion. Trois sujets principaux qui préoccupent les mamans sont évoqués : la santé, l’alimentation et le bien-être des enfants, les conditions de vie dans l’école incluant la sécurité, et l’accompagnement à la réussite scolaire. « On ne sait pas toujours comment aider nos enfants à faire leurs devoirs. Ils ne savent pas par où commencer », expriment-elles. Les enseignants suggèrent alors que soit envisagée une ouverture ponctuelle aux parents des temps d’étude à l’école, pour les « former » à l’encadrement des devoirs. Le conseil de vie de l’établissement, auquel pourront s’adjoindre les délégués de classe, est appelé à poursuivre ce travail de concertation qui pousse chacun à sortir de ses cadre et fonction habituels.

Quand les élèves inventent leur cour d’école

Nassim, Ayoub et Zakaria baignent dans ce projet depuis leur entrée au CP. Depuis quatre ans, ils participent avec assiduité aux ateliers d’accompagnement éducatif hebdomadaires, consacrés à la nouvelle école. Leur enthousiasme déborde : « Nous avons travaillé avec des étudiants en design de l’université et imaginé notre cour d’école ». La cour d’école, c’est un peu leur domaine à eux. « Tout le monde sera sur un pied d’égalité » espèrent-ils fermement. Il y aura des règles à respecter, dont ils se veulent les garants : pour emprunter le parcours cyclable tracé dans l’une des cours, un permis à points sera décerné. Cette idée, c’est la leur, tout comme celle de diviser les deux cours immenses en différents espaces pour que les élèves puissent donner libre cours à leur créativité, leur énergie, leurs envies : espace calme avec globes de repos et matelas géant « pour s’isoler, préparer un exposé, lire, poser son coussin… », activités créatives sur tables ou sur ardoise au sol, jeux de société géants, cabane en bois et modulaires à construire, coin estrade pour jouer au théâtre, danser, chanter… De véritables graines d’architectes et designers. Ils ont bien compris que tout ne pourrait pas se faire tout de suite. Mais déjà, cabane et jeux géants sont installés dans cette cour pleine de promesses.

12,750 M € HT

travaux et prestations intellectuelles dont 7,8 M € à la charge de la Ville.

_________

131 000 €

de mobilier scolaire et culturel dont 105 000 € de subventions CAF.

_________

39 %

de subventions (ANRU, Union Européenne, DRAC).

_________

« Un travail collaboratif s’est enclenché avec les associations,les professionnels de la petite enfance, du centre de loisirs, périscolaires. Nous nous réunissons une fois par mois au centre Jean Paulhan pour partager les situations sur le plan éducatif.

Cela améliore avec une efficacité redoutable l’accompagnement de la famille et la réussite d’élèves rencontrant des difficultés. Ce partage de points de vue différents, c’est une richesse, cela n’a pas de prix. »

Stéphanie Bougnas,
directrice de l’école Jean d’Ormesson.

_________

« Notre équipe accompagne ce projet depuis cinq ans,c’est émouvant de voir le bâtiment se concrétiser à la suite des multiples rencontres que nous avons eues sur le quartier avec les parents.

Tout le quartier est partie prenante de cette école, cette appropriation est fondamentale. En voyant leurs parents s’impliquer dans l’école, les enfants ont plus de chance d’y réussir, c’est ce que démontrent toutes les études. »

Geneviève Zoia,
enseignante chercheuse spécialisée dans la réussite scolaire.

_________

NASSIM, AYOUB ET ZAKARIA sont les porte-paroles du groupe d’élèves impliqué depuis quatre ans dans la conception et le suivi du projet.

RÉUNIR TOUT LE MONDE AUTOUR DE LA TABLE, pour la réussite des élèves, faire tomber les barrières entre institutions, impliquer les habitants : une nouvelle façon d’avancer.

SUITE DU DOSSIER

Share This