LE JOURNAL D'INFORMATION DE LA VILLE DE NÎMES

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À l’Écoute DEs parentS

Les actions menées dans le cadre du soutien à la parentalité visent à accompagner les parents se trouvant face à une difficulté ponctuelle ou durable dans l’éducation de leur enfant. Pour ce faire les acteurs locaux de la petite enfance se mobilisent pour apporter des solutions aux familles.

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Être parent à Nîmes, c’est aussi être accompagné par des spécialistes, en capacité d’apporter une réponse par rapport au besoin de son enfant. La Ville soutient cette démarche dans ses quatre crèches. Ces missions sont assurées au quotidien par des agents de la collectivité : éducatrices de jeunes enfants, puéricultrices ou par des professionnels extérieurs. Car Nîmes a fait le choix de pourvoir chacune de ces structures d’un pédiatre et d’un psychologue.

Un soutien au quotidien

À Eugénie Cotton, comme dans les autres crèches municipales, l’aide à la parentalité débute dès l’inscription. « Lorsque je reçois les parents la première fois, raconte Emmanuelle Delassus, directrice adjointe de la crèche municipale, je leur demande comment ils vivent ce moment de première séparation. C’est important de les aider à se déculpabiliser et à créer rapidement une relation de confiance, car ils nous confient ce qu’ils ont de plus cher au monde. » Le livret d’accueil remis à chaque parent permet de faciliter l’adaptation. Ce lien de confiance qui va s’instaurer au fil des jours passe par le respect du rythme du tout-petit. Pour les parents, savoir que son enfant est accueilli par des professionnels compétents, qui prennent en compte chaque enfant dans son individualité, leur permet d’aller au travail en étant rassurés. De nombreux outils sont travaillés au gré des demandes des parents. « On peut les accompagner sur la diversification alimentaire. C’est un sujet, sur lequel je travaille avec la pédiatre. Certaines familles ont connu des schémas différents et ont besoin d’être tranquillisées ». Les crèches municipales s’impliquent également dans le Projet d’Accueil Individualisé pour les enfants porteurs d’un handicap.

Le rôle des Éducatrices de jeunes enfants

Les éducatrices de jeunes enfants (EJE) des crèches municipales interviennent de différentes façons auprès des parents. Avec les auxiliaires de puériculture, elles ont pour mission d’établir une relation de confiance avec les parents et de les soutenir dans leur rôle éducatif. « Nous sommes à l’écoute des parents, explique Amandine Morin EJE à Eugénie Cotton depuis 2003. Souvent, en nous parlant ils vont trouver d’eux-mêmes des solutions. » Lorsque cela est nécessaire, elles font le lien avec des professionnels spécialisés. La communication avec les parents est une composante indispensable de l’accueil du jeune enfant. Elle s’établit de façon journalière à travers les transmissions, ces temps d’échanges qui permettent à l’équipe de la crèche le matin et au parent le soir de prendre le relais avec l’enfant. Leur contenu et leur qualité ont une réelle influence sur l’accompagnement de l’enfant. « Lorsqu’un parent vient récupérer son enfant, il est fondamental de lui expliquer comment ce dernier a vécu sa journée, » poursuit Emmanuelle Delassus.

Un travail de sur-mesure, à la carte, car leurs attentes varient d’une famille à l’autre et d’un jour à l’autre. Les transmissions permettent de mieux connaître l’enfant afin d’assurer dans les meilleures conditions une continuité entre la maison et le lieu d’accueil. Elles portent sur différents sujets : santé, soins, alimentation, change, sommeil, humeur. « Nous essayons toujours de les enrichir par des anecdotes sur la journée de l’enfant. Cela peut être sur des retours d’observation sur ses activités, ses découvertes ou ses interactions avec les autres enfants », poursuit la directrice adjointe. Le métier d’éducateur de jeunes enfants a évolué ces dernières années. Il joue désormais un rôle déterminant de soutien à la fonction parentale.

Impliquer les parents

Sandrine Barret, directrice de la crèche des Alisiers, tout comme ses collègues des trois autres structures municipales, tient à ces moments d’échanges autour de réunions thématiques. De façon régulière, avec son équipe, elle propose aux parents d’assister à une réunion menée par le psychologue sur des sujets divers comme la place des écrans, les limites, le sommeil et l’endormissement. « Aux Alisiers, on met également en place le café des parents, lors de semaines thématiques. Cela permet à l’équipe de pouvoir échanger de façon non formelle avec les parents. » Du côté d’Eugénie Cotton, pour Noël les parents sont conviés à venir animer des ateliers ou à accompagner les sorties. Afin d’impliquer toujours plus les parents, des classes de toute petite section labélisées dans les quartiers REP+, destinées à des enfants de 2 ans, s’adressent aux familles, éloignées de la culture scolaire. Certaines éducatrices de jeunes enfants des crèches municipales font le lien entre la crèche et l’école autour de moments partagés avec les parents. Ici, ils jouent un rôle prépondérant et doivent montrer leur implication dans la scolarisation de leur enfant. Des auxiliaires de puériculture remplacent les ATSEM, pour rendre la transition plus douce. Des actions quotidiennes sont menées par les enseignants en lien avec les familles. Les différents partenaires de ces sections, dont la Ville, soutiennent ces actions, en participant aux rencontres avec les parents lors de réunions thématiques animées en fonction du sujet par la diététicienne de la ville, l’école des Parents, la CAF ou encore la PMI. De nombreux sujets comme informer les familles sur les aides de la CAF, prévenir les accidents domestiques, aider son enfant à grandir ou encore l’alimentation sont abordés lors de ces réunions.

Jean-Louis Mathieu_NIMES

Jean-Louis Mathieu

Psychologue des crèches les Alisiers et Eugénie Cotton.

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Quel est votre champ d’intervention dans les crèches municipales ?

C’est un champ assez large. Depuis 6 ans, j’ai pour mission d’intervenir sur ce qui pose problème. À ce titre, je peux être sollicité par l’équipe, la direction pour de l’observation ou par les parents en entretien plus formel. Je reçois une vingtaine de parents sur l’année. Nous organisons également entre 4 à 5 réunions sur l’année autour de thématiques que nous définissons avec l’équipe. Ces réunions permettent aux parents de se questionner entre eux, de me questionner. Elles ont pour vocation de leur montrer qu’ils ne sont pas tout seuls à vivre certains problèmes. L’échange est primordial dans ces réunions. Certains d’entre eux peuvent donner des bouts de solution.

Quelles sont les questions les plus récurrentes ?

Je dirai que la première est «mon enfant ne m’obéit pas». Cela rentre dans les interdits, les limites et le cadre éducatif. Un enfant a besoin du «non»pour se construire. Chaque enfant est différent et il n’existe pas de mode d’emploi. Cela fait d’ailleurs l’objet d’une réunion que nous organisons chaque année et que j’ai pris un malin plaisir à intituler « Vous l’aimez : dites-lui non ». Les questions sur le sommeil, l’endormissement reviennent beaucoup. Puis il y a un thème qui me tient à cœur, c’est bien sûr la question sur les écrans. C’est un vrai sujet d’intérêt public. Il est fondamental de faire de la prévention.

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