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Rénover pour une meilleure
gestion thermique

La rénovation énergétique des bâtiments municipaux est un chantier de longue haleine pour une Ville qui dispose d’un vaste patrimoine bâti, avec une part d’immeubles anciens non négligeable. Nîmes déploie ces opérations de rénovation jusqu’en 2024 pour réduire l’impact carbone des sites les plus consommateurs.

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Le complexe Pablo Neruda devrait s’avèrer plus performant de 35 %.

La Ville a choisi de passer des marchés publics de performance énergétique pour réduire les consommations des bâtiments les plus énergivores. Le principe : les opérateurs retenus se voient assigner un objectif chiffré à atteindre, charge à eux de choisir la combinaison des techniques et des matériaux qui leur permettront d’y parvenir. Ces marchés prévoient aussi l’entretien, comme un « service après-vente ». Si, après la livraison du bâtiment, les consommations restent au-dessus de cet objectif, l’opérateur doit régler à ses frais les dysfonctionnements.

Des consommations réduites de 35 %

En 2016, un contrat de performance énergétique a été conclu pour la rénovation énergétique de Carré d’Art, du Musée des Beaux-Arts et de Pablo Néruda, avec un objectif de réduction de 35 % des consommations, pour une économie d’environ 100 000 euros par an. Ces trois bâtiments, différents dans leur conception, mais complexes à traiter, nécessitaient en effet un niveau d’expertise élevé et des solutions personnalisées pour améliorer leurs performances. Le Musée des Beaux-Arts, qui date du XIXe siècle, abrite des œuvres à protéger de l’humidité : le changement des menuiseries s’est accompagné de la mise en place d’un système thermique permettant de chauffer ou rafraichir les pièces tout en contrôlant l’humidité. Carré d’Art a vu le remplacement de sa chaudière, du système de climatisation, des tours de refroidissement, l’installation d’un ouvrant et d’un film solaire sur la verrière et la pose de sas d’entrée pour éviter les déperditions thermiques. Quant au complexe Pablo Neruda, désormais terminé, sa rénovation réside surtout dans l’ajout d’une isolation par l’extérieur et le remplacement de toutes les menuiseries. Côté piscine, un nouveau système de récupération de chaleur permet de ventiler le site sans déperdition et de réduire l’humidité, facteur de dégradation. Un système de déchloromination améliore le confort. Ajoutons une unité de cogénération de chaleur, une gestion centralisée, une chaudière à condensation avec brûleur modulant et un éclairage led à détection de présence pour parfaire le tout.

Contrat de performance énergétique sur 10 bâtiments

Parallèlement, la Ville de Nîmes a recourt à un second contrat de performance énergétique portant sur 10 bâtiments à travers un marché Réalisation-Exploitation-Maintenance (REM) permettant une économie entre 25 et 60 % d’énergie. Signé en 2017, ce contrat de 5,4 M€ se termine en 2023. En 2018, l’école de plein air centre de loisirs du Carmel a été rénovée. Cette année, c’est le tour de l’école Gustave Courbet et du centre social Simone Veil, actuellement en travaux jusqu’en décembre. Puis en 2020, les écoles élémentaires Auguste Foucher et Paul Langevin. Suivront ensuite l’école de la Gazelle, les groupes scolaires Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jaurès et de la Cigale ainsi que la crèche Delon Soubeyran. Bien entendu, les autres bâtiments de la Ville, en particulier les écoles, ne sont pas oubliés et le programme d’investissement prévoit chaque année de nombreux travaux d’amélioration de performance énergétique (réfections de toiture, changements de menuiseries) sous la forme de marchés de travaux classiques.

Gestion centralisée

Pour lutter contre les déperditions ou agir rapidement sur les problèmes de confort qui peuvent survenir à la suite d’une panne ou d’un épisode caniculaire, des sondes de températures sont déployées dans tous les bâtiments, en priorité les écoles. La valeur de référence étant de 19 degrés minimum de confort thermique. Une plateforme informatique intégrera prochainement les données des fournisseurs d’énergie en direct afin de constater en gestion centralisée le niveau d’énergie consommée.

La fin du fioul

Le parc de chaudières municipales n’en compte plus que trois fonctionnant au fioul. La direction de la construction impose en effet aux sociétés chargées de l’exploitation des contrats d’énergie, de les remplacer, au rythme d’une dizaine par an. Un tableau de bord renseigne les données de toutes les installations et leur changement programmé. Installer une pompe à chaleur nécessite de changer également tout le système (radiateurs, plomberie…), c’est la raison pour laquelle Nîmes en compte peu et privilégie ce type d’équipement dans les programmes de construction. On en compte tout de même sept, des services techniques municipaux au Musée de la Romanité, en passant par les écoles maternelles Kergomard, Jean Carrière ou le groupe scolaire de Courbessac. Sont privilégiées aujourd’hui les chaudières à condensation au gaz à rendement élevé et les sytèmes chaud/froid à détente directe.

Sensibiliser les utilisateurs

Lorsque les équipements sont inoccupés, la température est modérée pour éviter un chauffage inutile. Le nouveau marché d’électricité, en vigueur au 1er décembre, prévoit une formule pour optimiser les heures creuses. L’attitude des utilisateurs est aussi en jeu : des petits gestes optimisent le confort thermique. Des actions de sensibilisation sont menées en ce sens, auprès du personnel d’entretien par exemple (nettoyer les sols et aérer les salles plutôt le soir que le matin évite de faire baisser la température d’une classe), ou encore auprès des directeurs d’école.

« Si la rénovation thermique des bâtiments agit sur le facteur statique, à travers la capacité d’inertie des matériaux, il ne faut pas non plus écarter le facteur dynamique et la part d’usage. »

Julien Hillaire,
chef de service Cellule énergie.

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54 % d’économies d’énergie sont attendus à la fin des travaux effectués sur le groupe scolaire Gustave Courbet.

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