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vers La place Eliette Berti

Nichée au cœur de l’Écusson, la rue Sainte-Eugénie offre une parenthèse de calme à l’immédiate proximité des artères passantes. Commerces, habitants et piétons y goûtent ses multiples charmes.

D’hier…

En 2016 étaient dégagés à 200 m de l’angle des rues Salomon Reinach et Sainte Perpétue les vestiges de la première église de Nîmes, datant du IVe siècle. Enfin avait été retrouvée l’église Sainte Perpétue mentionnée au IXe dans le cartulaire de Nîmes ! Construite avec des éléments gallo-romains, elle était bordée de 129 tombes. Une trouvaille archéologique exceptionnelle. C’est en 1872, sur l’influence de pudibonds, que l’artère dite des Amoureux, qui délimite alors le sud de la ville, prend ici la dénomination Sainte Perpétue. À partir des années 30, les « Hébergements Bon Marché » des rues Berthelot et Curie sont le joyeux repaire des employés fonctionnaires de l’Armée, des PTT et des chemins de fer : des familles entières se transmettent de génération en génération ces appartements à loyers très avantageux. Le côté pavillonnaire se développe de l’autre côté de la rue : bien que sociologiquement proches, les habitants n’y développent pas le même mode de vie.

… à aujourd’hui

Proche du centre-ville et des gares, ce secteur est aujourd’hui intégré au plus vaste quartier de la route de Beaucaire, considéré comme quartier prioritaire (le plus petit de France) par l’État. C’est aussi, pavillons compris, celui où la part des plus de 60 ans est le plus important, avec 25 % des habitants. Raison qui a prédisposé le quartier à faire l’objet en 2018 d’une étude nationale intitulée « Territoire et vieillissement », à laquelle se sont associés le Centre Communal d’Action Sociale, le comité de quartier des Oliviers – Route de Beaucaire et l’association Loisirs et convivialité, club de troisième âge local présidé par Gérard Scola. 

À la suite, des actions ont été élaborées pour lutter contre l’isolement des personnes âgées souvent « recluses » dans les petits pavillons. Un forum senior était ainsi organisé en mai dernier pour faciliter l’information aux droits. Une biographie des anciens, réalisée par les jeunes, est en cours de rédaction. Relier jeunes et seniors, telle est l’ambition du comité de quartier des Oliviers – Route de Beaucaire.

Qui était Eliette Berti ?

Arrêtée le 28 avril 1942 chez elle, au 21 rue Berthelot, à l’âge de 19 ans, cette résistante communiste restera trois ans captive de prisons françaises et de camps de déportation en Allemagne. Parvenue à s’échapper lors d’un transfert, elle revient à Nîmes et vivra soixante-six ans dans ce quartier.

Le saviez-vous ?

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À l’origine, cette place n’aurait pas dû exister car 21 logements sociaux devaient y être construits. Les habitants se sont mobilisés pour qu’un lieu de convivialité, promesse de cohésion urbaine, voit le jour. Il sera appelé dans un premier temps Place Séguier.

Eliette-Berti_NIMES 

Si Andrée Eliette Rigon s’installe avec ses parents à l’âge de 8 ans au 21 rue Berthelot, l’actuelle résidence Séguier, c’est rue Jean Reboul qu’elle est naît en 1923, non loin du Prolé « où j’ai fait mes premiers pas » aimait-elle raconter à ses trois enfants Danièle, Claude et Serge. Dans cette famille de cheminots et de tailleurs, on est volontiers communiste, comme 25% de la population à cette époque. Lorsque la guerre survient, c’est tout naturellement dans la Résistance que s’engage Eliette, ouvrière en confection, en distribuant tracts et journaux, avec son frère Franck. Dans le plus grand secret, puisque son père est également résistant, et que l’un et l’autre l’ignorent réciproquement. Son groupe comprend notamment Jean Chauvet, son fiancé, fusillé en 1944, Henri et Andrée Julien et Odette Gonzalès. Dénoncées, les J3 (Odette, Andrée et Eliette) sont arrêtées par la gestapo en avril 1942. Pour protéger le réseau, Eliette avale la liste de noms de résistants qu’elle détient. Elle est transféré à la prison Vauban puis celle des Présentines à Marseille. Condamnée à huit ans de travaux forcés, elle est incarcérée aux Baumettes, puis à la Centrale de Rennes, d’où elle sera déportée le 6 juin 1944 en Allemagne, via le fort de Romainville et la prison de la Rouquette. Durant son transfert en Allemagne, elle parvient à écrire une petite lettre à ses parents, via le  « réseau » des cheminots. Arrivée à Ravensbrück, elle échappe au four crématoire (« ils en expédiaient un sur huit, de manière aléatoire »). Elle y reste près d’un an et porte le matricule 42253, sera rapatriée en France en mai 1945. Ses parents, à qui l’on avait renvoyé ses effets personnels, la croient morte lorsqu’elle réapparaît, pesant à peine 36 kg. En 1949, mariée, elle revient s’installer rue Berthelot pour ne plus en partir « si je ne vois plus la Tour Magne du haut de l’escalier, je suis perdue » plaisantait-elle. Peu loquace sur son triste parcours, elle avait l’habitude de dire que tout ce qu’elle vivait, désormais, « c’était du rab ». Etre mère, puis grand-mère, furent autant de cadeaux de la vie inespérés.
Eliette Berti a reçu la légion d’honneur en 1998, un an avant sa mort à l’âge de 76 ans.
D’après le témoignage de ses enfants Danièle et Serge.

Kevin Dominguez,
salle Séguier, 26 rue Pierre Curie

Bien qu’à peine trentenaire, ce bénévole impliqué affiche déjà un beau parcours associatif. Après Anime le Séguier, un service civique auprès de C Faire qui l’emploie désormais, le relais jeunesse R2B (pour « Route de Beaucaire »), il a pris en 2015, à l’âge de 25 ans, la présidence du comité de quartier des Oliviers Route de Beaucaire. Une mission dans laquelle il s’investit pour relancer notamment l’activité de la salle Séguier, où se déroulent toutes sortes d’activités intergénérationnelles : club troisième âge, ateliers socio-linguistiques, initiation informatique, ateliers parents enfants… Sans oublier les fêtes qui animent la place Eliette Berti : guinguettes, initiations à la tauromachie… Depuis quelques mois, il préside l’Union des Comités de quartier à laquelle il tente d’insuffler aussi une nouvelle dynamique.
 Kevin Dominguez

Le Maryland,
66 rue sainte Perpétue

Cette sympathique brasserie-bar-tabac constitue un lieu de vie inoxydable. Autrefois, elle avait même son équipe de football et son orchestre. Tenue aujourd’hui par José Alvaro et son fils Florian, avec Sellet en cuisine, c’est toute la générosité du Portugal qui vous accueille. Une formule imbattable entrée-plat-fromage-dessert à 11 €, qui change tous les jours, un patio ombragé où l’on taquine le cochonnet, un barbecue pour le cochon de lait et autres spécialités comme le francesinha, costaud sandwich apprécié de la clientèle, tout concourt à en faire un rendez-vous ardemment fréquenté par les riverains et les anciens du quartier.

Salim El Jihad,
association Ensemble

Quasiment né ici, ce colosse de 23 ans connaît bien la jeunesse du quartier et veut faire bouger les lignes. En marge de son travail, il a créé une association qui offre la possibilité aux 18-30 ans de s’exprimer et de s’impliquer davantage dans la vie du quartier. Des ateliers de street art ont été menés cet été afin de susciter l’envie de participer à l’embellissement du cadre de vie. L’association Ensemble Unis et Solidaires vient également d’être créée pour les jeunes des Oliviers, qui souhaitent installer des poubelles et des bancs dans leur résidence.
 ensembleroutedebeaucaire@gmail.com

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