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On se fait une toile ?

On se fait une toile ?

De l’antiquité aux innovations de demain inspirées de la nature, du prolifique Jean Hugo au génie de Goya, en passant par les étonnants tatouages des criminels de la prison de Nîmes fin XIXe : voilà un parcours d’exposition qui ne laissera personne indifférent.

photographie, tourisme, Nimes

Francisco de Goya y Lucientes Ceballos, montant un taureau, brise des banderilles dans la place de Madrid – Planche 24 La Tauromaquia Nîmes, Carré d’Art Bibliothèque.

Jean Hugo, le porteur de paysage et l’illustrateur de son temps

Le Musée des Beaux-Arts de Nîmes et la Bibliothèque Carré d’Art présentent en écho un hommage commun à l’artiste Jean Hugo (1894 – 1984), arrière-petit-fils de Victor Hugo, qui vécut plus de trente ans au Mas de Fourques, près de Lunel. C’est là qu’il se retira après une vie artistique et intellectuelle riche de rencontres dans les années 1930. Son œuvre abondante, atypique et protéiforme présente une multitude de facettes : dessin, peinture, décoration de théâtre et d’intérieur, illustration de livres rares, vitraux, écriture. Son style propre, d’apparence simple et naïf, met en scène de nombreux paysages et dénote une connaissance pointue de la peinture antique avec des références à Pompéi, à la peinture de la Renaissance et à la peinture chinoise. Le Musée des Beaux-Arts présente une cinquantaine d’œuvres issues de collections diverses, et la bibliothèque Carré d’Art expose autant de livres illustrés, dont l’un des premiers récits de Stevenson écrit en 1878 (illustré en 1937). Du 14 juin au 22 septembre Musée des Beaux-Arts et Bibliothèque Carré d’Art Jean Bousquet.

Biomimétisme, quand la nature inspire l’innovation

« Scrute la Nature c’est là qu’est ton Futur » disait Léonard de Vinci. De tout temps, l’homme, a observé la nature pour y puiser son inspiration. Aujourd’hui encore, les nouvelles technologies inventées par biomimétisme sont utilisées dans l’industrie, les transports, la médecine ou l’architecture. À travers cette série de 50 panneaux et 50 films, réalisés par le Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme, on découvre par exemple qu’un train japonais gagne 15 % de vitesse en copiant les propriétés du bec du martin-pêcheur, que les écrans d’ordinateur ont pour modèle les ailes d’un papillon translucide ou qu’une solution au bruit des éoliennes existe, si on imite les caractéristiques des plumes de la chouette… Jusqu’au 10 novembre, galerie Jules Salles, Muséum d’Histoire Naturelle.

Pompéi, un récit oublié

Depuis le mois d’avril, le bel écrin du Musée de la Romanité accueille plus de 250 objets archéologiques provenant de Pompéi, Herculanum et des villes avoisinantes datant de l’époque de l’éruption du Vésuve, le 24 août 79 après J.-C.. Cette présentation invite à revivre les derniers jours de cette cité antique flamboyante. L’exposition offre un regard sur la puissance de la flotte romaine, la vie commerciale dans le bassin de Naples, le raffinement des décorations des demeures saisies dans la cendre et le drame de l’éruption, illustré notamment par la présence d’ « allongés », malheureuses victimes immortalisées par des injections de plâtre. Musée de la Romanité, jusqu’au 6 octobre.

Tatouages, le fonds Charles Perrier, médecin des prisons

Proposée dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, cette exposition du Musée du Vieux Nîmes va sans doute titiller la curiosité du grand public, quand on connaît son engouement pour le tatouage (aujourd’hui, 1 français sur 5 est tatoué). De 1896 à 1899, le docteur Charles Perrier mène une étude sur la population carcérale de la Maison Centrale de Nîmes, soit 859 détenus de 16 à 73 ans, en reprenant les techniques d’anthropométrie judiciaire mises au point par Alphonse Bertillon deux décennies plus tôt. Il publie plusieurs ouvrages jusqu’en 1935, dont Les criminels, présenté à l’Exposition universelle, pour lequel il amasse des milliers de données anthropomorphiques : nationalité, origine ethnique, profession, religion, caractères physiques. Perrier analyse, classe, étudie, photographie les détenus, s’intéressant plus particulièrement aux tatouages restitués avec précision grâce au dessin et à la photographie. Du 25 juin au 27 octobre 2019, Musée du Vieux Nîmes.

De la Tauromaquia à la Goyesque, hommage à Goya

L’immense peintre et graveur espagnol Francisco de Goya (1746-1828) est ici présenté à travers son goût précis pour la tauromachie et les toreros emblématiques de son époque, Costillares, Pedro Romero et Pepe Hillo. Comme l’affirme Théophile Gautier, cet artiste d’exception est aussi celui qui a le mieux représenté les étapes de la corrida, à travers la série de 33 gravures Tauromaquia, faisant ressortir de manière inédite la tension dramatique des affrontements entre le toro sauvage et l’homme. La tradition des corridas « goyesques » avec des vêtements de toreros inspirés des costumes d’époque de Goya, comme à Arles, où les arts sont convoqués depuis 2005 pour créer un décor événementiel et éphémère, est également abordé. Autour de costumes du XVIIIe siècle et contemporains, de peintures, de dessins, de photographies, découvrez cette facette de la corrida, liée à la création artistique d’un artiste de génie. Du 6 juin au 6 octobre, Musée des Cultures Taurines Henriette et Claude Viallat. Visites guidées spéciales Feria : samedi 8 et dimanche 9 juin à 10h.

Plus d’infos :
Retrouvez tous les tarifs et horaires des musées sur nimes.fr et sur : www.animesmonete.fr

 

Tatouages, le fonds Charles Perrier, médecin des prisons, présenté au Musée du Vieux Nîmes un regard sur la vie pénitentiaire de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

« …de petites gouaches si vastes qu’on dirait que leur taille résulte d’un simple phénomène de perspective. »

Jean Cocteau à propos des tableaux de Jean Hugo.

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Daniel Jean Valade,

Adjoint au Maire chargé de la Culture.

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Quelle est l’importance des expositions d’été dans la politique culturelle de la Ville ?

Nîmes a l’immense chance de disposer de 7 lieux majeurs de Culture qui, chaque année, programment chacun des expositions de grande envergure. Rigueur scientifique, muséographie inventive, catalogues de référence, visuels attrayants… sont autant d’atouts pour valoriser ces collections, recevoir des prêts prestigieux. Ces rendez-vous concourent à la politique de tourisme culturel, première activité économique de la Rome française où patrimoine rime avec art contemporain. L’ensemble de cette offre d’extrême qualité concourt à largement diffuser et valoriser l’image de Nîmes.

Comment se préparent ces expositions ?

Elles s’organisent deux ou trois ans à l’avance. Ce temps permet d’affiner les recherches, de solliciter des prêts d’œuvres rares auprès d’institutions mondiales, de rédiger des catalogues qui font notre réputation d’attractivité et de sérieux. Soulignons aussi l’importance des ateliers pédagogiques qui permettent l’initiation des plus jeunes.

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