LE JOURNAL D'INFORMATION DE LA VILLE DE NÎMES

Vivre Nîmes

ACCUEIL > A VENIR > Restauration des Arènes : où en est-on ?

Restauration des Arènes :
où en est-on ?

Restauration des Arènes : 
où en est-on ?

Démarrée en août dernier, la restauration des travées 53 à 57 avance à grands pas et devrait s’achever en novembre, complétée de nouvelles fouilles dans les coulisses antiques sous la piste. Elle sera suivie d’une nouvelle campagne sur les 14 travées suivantes, qui se déroulera en trois temps et démarrera en 2020 sur les travées 58 à 01.

La restauration de l’amphithéâtre antique de Nîmes est l’un des chantiers patrimoniaux les plus importants en France en ce début de XXIe siècle. C’est donc en soi un événement historique qui se déroule depuis 9 ans et pour encore une dizaine d’années. Après une phase expérimentale qui a démontré les problèmes engendrés par le mauvais écoulement des eaux et la nécessité de consolider la structure de l’édifice, un marché de maîtrise d’œuvre a été passé en 2014 avec une équipe pluridisciplinaire conduite par Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques. Passée au scanner, chaque pierre a été analysée et son traitement déterminé. Qu’il s’agisse de blocs d’origine ou d’anciennes restaurations, le principe est de respecter toutes les marques de l’histoire du monument.

Nettoyage et restauration minutieux

La façade extérieure est déjà débarrassée de sa croûte noire. Comme pour la phase précédente, c’est la technique de la nébulisation qui a été employée : après avoir projeté doucement de l’eau mélangée à 4 % de bicarbonate d’ammonium, une solution a été appliquée pour rétablir l’équilibre acido basique. Une fois la pierre brossée, des compresses de sel et d’algues ont été appliquées, formant une croûte tombant au bout de deux jours. Si nécessaire, un micro-sablage a été effectué ensuite. Place maintenant aux restaurateurs, qui colmatent la moindre aspérité dans laquelle l’eau est susceptible de s’infiltrer, au moyen d’une résine acrylique ou de mortier. Ils patinent au passage les pierres les plus récentes et les solins qu’ils ont ajoutés, avec un nuancier de teintes réalisé spécialement pour les Arènes de Nîmes.

Protéger et consolider

Dans la galerie populaire comme dans le promenoir, le sol a été ouvert pour poser un système d’évacuation des eaux ainsi que des tirants, tiges métalliques installées entre les blocs des façades intérieures et extérieures pour contrecarrer le dévers. L’ensemble s’est achevé fin avril, pour rétablir la circulation lors des Grands Jeux Romains. Sous les gradins est posée une couverture d’étanchéité, tandis que 33 nouveaux gradins remplacent les plus abîmés, les autres étant consolidés. Le chantier se poursuit tandis qu’une résine va être posée au sommet (sur l’arase) et des garde-corps en inox mis en place.

Un amphithéâtre en bois ?

Deux archéologues suivent les travaux au quotidien, enregistrent chaque bloc et recueillent des
indices du passé. Ce secteur s’avère riche en inscriptions, avec notamment des marques antiques délimitant les places de 39,5 cm (actuellement elles sont de 45 cm). Un shooting photométrique a été réalisé et devrait les révéler davantage. Des mosaïques du Haut Moyen âge (Vème siècle) ont été prélevées dans la galerie populaire. Les queues d’aronde positionnées entre chaque bloc s’avèrent être dans un bois plus ancien de 60 ans de la construction, et probablement dans un bois de réemploi, ce qui pourrait laisser supposer qu’un monument en bois aurait pu précéder l’actuel. Une hypothèse à confirmer. Des agrafes en plomb ont été trouvées également. À la fin de l’année, sous la piste des Arènes, au niveau du grand axe de la salle cruciforme, le puits wisigothique devrait faire l’objet d’une fouille.

Sur cette phase de chantier, on est au cœur de la problématique sanitaire de l’amphithéâtre, avec une portion présentant de nombreux arrachements, d’où la présence d’un double échafaudage. C’est aussi sur ces travées que la façade extérieure s’écarte le plus, avec un écart de 8 à 9 centimètres près du sommet.

Christine Lavergne,
ingénieure-cheffe du projet.

_________

54 M d’euros

de travaux HT cofinancés par l’État (40%), la Ville et la Fondation Internationale des monuments romains de Nîmes(26%), la Région (20%), le Département (10%), Nîmes Métropole (4%)

_________

1,315 M

coût de la restauration des travées 53 à 57.

_________

Vous aussi, contribuez à la restauration

_________

La Fondation Internationale des Monuments Romains de Nîmes, sous l’égide de la Fondation de France, permet aux particuliers et aux entreprises d’effectuer des dons soutenant la restauration du patrimoine antique de Nîmes. Déjà 400 000 euros ont été versés pour ce chantier. Déductibles à 66 % des impôts sur le revenu et à 75 % de l’impôt sur la fortune immobilière, ces dons permettent à tous les amoureux du patrimoine nîmois de consacrer leur argent à une grande cause. Pour faire un don en ligne par paiement sécurisé : www.fondationdefrance.org ou par chèque à l’ordre de Fondation de France n° 394, à l’attention d’Hélène Frichot, 40 avenue Hoche, 75008 Paris. Siège administratif : 04 66 76 71 17

Remplacement de gradins après couverture d’étanchéité.

Daniel-Jean-Valade-NIMES

« L’amphithéâtre est un univers ! Sa restauration, scientifiquement conduite, est un authentique laboratoire des technologies les plus novatrices. Les arènes de Nîmes, sauvées des eaux, incarnent l’avenir de notre patrimoine. »

Daniel Jean-Valade,
Adjoint au Maire en charge de la culture.

_________

Share This