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La biodiversité
des Jardins

de la Fontaine

La biodiversité
des Jardins

de la Fontaine

À l’occasion des Rendez-vous aux Jardins qui se déroulent les 1er et 2 juin aux Jardins de la Fontaine, pistez la faune introduite ou spontanée des lieux en compagnie de Sylvain Bidot, éducateur environnement de la Ville.

© Sylvain Bidot

Site patrimonial remarquable, notre plus beau jardin urbain constitue non seulement un lieu de promenade et d’agrément pour les Nîmois, mais aussi un refuge idéal pour toute une faune à plumes, poils et écailles. Attirées par une végétation savamment entretenue pour le bien-être naturel des plantes et de leurs auxiliaires tout autant que pour le plaisir des yeux, ces espèces variées s’y installent ou y reviennent périodiquement, y trouvant de quoi s’abriter, se nourrir et se désaltérer. Arrosage goutte à goutte, espaces méditerranéens et de vivaces, qui garantissent un cycle végétal complet de la fleur à la graine, paillage naturel ou renforcé, nichoirs et mangeoires encouragent ainsi leur présence.

Quand les jardins se visitent avec les oreilles

Les séquences des Jardins de la Fontaine, qui vont des canaux minéraux au sommet aéré du mont cavalier, en passant par les allées et sous-bois de végétations méditerranéennes et forestières, se transposent auditivement. Près de la source, le brouhaha urbain s’estompe dans les voix et pas des promeneurs. Sur la terrasse du premier niveau, l’oreille devient sensible aux chants d’oiseaux de garrigue : fauvettes à tête noire, rouges-gorges, chardonnerets élégants, pinsons des arbres, merles noirs, pigeons ramiers, mésanges bleues et charbonnières tissent le fil sonore d’une promenade attentive et silencieuse.

Peuple diurne et nocturne

Au fil des allées, on peut apercevoir le lézard des murailles, qui se loge dans les aspérités des murs de pierre sèche. Il chasse comme il peut sa nourriture de jour, tandis que son cousin nocturne, le gecko (tarente de Mauritanie, importé d’Afrique du Nord), prospère tranquillement près des sources lumineuses piégeant les insectes. Familier des passants, l’écureuil se retrouve souvent à proximité des mangeoires destinées aux oiseaux.

Encouragés par la permanence florale des Jardins, les pollinisateurs se manifestent comme l’osmie rousse (20 000 fleurs pollinisées par individu), l’abeille charpentière ou le papillon moro sphinx. Profitez-en car, hélas, 80 % des insectes ont déjà disparu de notre pays. Attirées par les insectes du sanctuaire, les chauvesouris envahissent les lieux à la tombée de la nuit. Fouines, chouettes effraies et hulottes, rongeurs entrent alors en scène.

Milieux aquatiques

Les zones aquatiques des jardins, autour de la source comme en hauteur, ne sont plus entretenues comme autrefois. Lorsqu’on les vidait pour les nettoyer, on exterminait sans le vouloir les micro-organismes, insectes aquatiques et planctons, et avec toute possibilité de vie. Un éco système compatible avec les fonctions d’un jardin public a été généré par l’introduction de carpes, de poissons fouisseurs (carassins, gardons) créant de l’opacité et donc empêchant les algues nauséabondes de proliférer. Une réussite, à tel point qu’il a fallu ajouter un poisson carnassier pour réguler les alevins. De leur côté, la couleuvre vipérine ou la grenouille rieuse y trouvent leur compte tout comme les oiseaux qui peuvent nourrir leurs petits avec les insectes des bassins. Le couple de cygnes, incontournable du grand public, y est à demeure, tandis que les canards, prospères, vont et viennent à leur guise. Il s’en comptait pas moins de 40 l’année dernière ! De quoi se réjouir, quand on sait que 70 % des milieux aquatiques ont disparu, et que ceux qui restent sont malheureusement souvent pollués.

Pour en savoir plus :
Visite guidée « À la découverte de la biodiversité
des jardins de la Fontaine
 »,
samedi 1er juin et dimanche 2 juin à 10h et 11h15.
Rendez-vous aux Jardins : retrouvez courant mai le programme sur nimes.fr

Lézard des murailles.

Les Jardins de la Fontaine enregistrent chaque année de nouvelles naissances.

© Philippe Ibars

ALCIDE_JARDINS_nimes  

Dans les Jardins de la Fontaine

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Tel est le nom de l’ouvrage publié début mai aux Éditions Alcide par Philippe Ibars, photographe et auteur, en collaboration avec Manuel Adamczick, jardinier municipal, créateur du jardin d’agaves près du Temple de Diane, du jardin méditerranéen et des abords de la Tour Magne. Manuel Adamczick propose également une visite guidée botanique le 2 juin à 14 et 16h.

Sylvain-Bidot-NIMES
« Ces Jardins sont un exemple de biodiversité, que l’on peut reproduire chez soi à petite échelle. Laisser les feuilles au sol, les baies et fruits aux branches,

faire un compost sur un tas de bois ou poser des petits fagots de bambou au bord des fenêtres, ne pas fermer hermétiquement les espaces par des murs ou portails sont des petits gestes très utiles. »

Sylvain Bidot,
éducateur à l’environnement du service Biodiversité et Espaces Naturels de la Ville.

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