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Un centre social cogéré à Pissevin

Au mois d’avril, le centre Léon Vergnole change de formule. Proposant les services d’un centre social sous forme d’espace collaboratif, sa gestion innovante et partagée avec les associations du territoire vise
à répondre aux attentes concrètes des habitants.

Bien que classée symboliquement « 3e ville du Gard » au vu de ses 12 000 habitants, avec une forte représentation de familles nombreuses précaires, Pissevin ne disposait pas jusqu’ici d’un centre social labellisé CAF, c’est-à-dire d’une structure institutionnelle suivant des objectifs d’accompagnement social du quartier dans une pratique de solidarité républicaine. En grande partie parce que plusieurs associations du quartier réalisaient déjà une action remarquable à travers l’accompagnement scolaire, l’aide à la parentalité, le soutien aux aînés, l’accueil de loisir ou l’aide aux vacances. Ouvert en 2013 dans une ancienne école et géré par la Ville, l’Espace Léon Vergnole avait déjà permis de proposer un lieu commun accessible aux associations, aux fêtes et rassemblements. Ne lui manquait plus qu’un projet social commun, une colonne vertébrale.

Diagnostic de préfiguration

En juillet 2017, la Ville et la CAF ont engagé un diagnostic de préfiguration afin de construire un projet social pour ce quartier. Élaboré par un chargé de mission, ce diagnostic a consisté à questionner l’ensemble des acteurs associatifs locaux sur les besoins du territoire et de la population. Constatant le cloisonnement de la vie associative, des tables rondes ont été organisées pour faire émerger les quatre thématiques majeures composant le projet social, puis l’élaboration des 37 fiches actions destinées à les mettre en pratique.

3 077

familles dont 784 monoparentales

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2 964

foyers allocataires

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Espace collaboratif

Après une visite de l’espace collaboratif La Ruche à Marseille, leur souhait s’est concentré sur l’intérêt d’un espace de ce type à Pissevin, cogéré, respectant l’identité et l’organisation de chaque association tout en disposant d’une équipe de coordination composée d’une direction, d’un référent famille, d’un chargé de développement et d’animation et d’un agent d’accueil. L’équipement est reconfiguré avec deux salles d’activités, une salle de réunion, un espace collaboratif équipé d’un coin cuisine, des bureaux partagés.

Les actions co-définies :

– Inclusion et citoyenneté : afin de mieux intégrer les primo-arrivants, les femmes, les plus de 15 ans, notamment les jeunes filles, création d’un espace d’information familles et jeunesse, d’activités sportives et bien-être, artistiques, événements, sorties mensuelles, développement du service civique avec parrainage, participation à des chantiers internationaux…
– Mobilité et mixité : renforcer la participation des habitants et les échanges intra-quartier, la connaissance mutuelle, les actions intergénérationnelles, à travers des temps forts réguliers, la mise en place d’une navette seniors, d’ un référent mobilité, d’une plateforme mobilité d’auto/vélo partage, d’une auto-école sociale…
– « Faire réseau » : mieux identifier et rendre visible les actions associatives, mettre en commun les compétences et les moyens à travers un espace de co-working socioculturel, une cantine solidaire, des réunions d’information et d’échanges, des espaces partagés, une plateforme numérique, des déplacements d’étude…
– Implication des habitants et cadre de vie : développer l’implication des habitants par des ateliers artistiques mixtes, le partage des pratiques culturelles, une bourse au bénévolat, des espaces partagés sur la colline aux oiseaux, l’événement La rue aux enfants,
la création d’un Fab lab…

Laurent Burgoa,

Adjoint au Maire délégué à la rénovation urbaine,
au contrat de ville et au logement social

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L’espace Vergnole se nommera bientôt « Centre Municipal d’Animation de la Vie Sociale » : pouvez-vous nous expliquer la nuance ?

Un centre socioculturel est un lieu tandis qu’ici l’accent est mis sur l’action territoriale, la dynamique sociale. C’est elle qui est importante, le lieu (l’espace Léon Vergnole) n’est qu’un outil fonctionnel. Il s’agit de créer un partenariat entre la CAF, la Ville et les associations qui répondront de manière coordonnée aux appels à projets sur les problématiques identifiées.

Pourquoi avoir effectué cette démarche ?

C’est la CAF qui a demandé à la Ville cette étude de préfiguration, car c’est un quartier sur lequel nous avons de la précarité, et pour lequel un projet de rénovation urbaine est en cours. Suite à la labellisation du projet en décembre, présentée au conseil municipal de février, la convention avec la CAF devrait être signée en avril pour un démarrage dans la foulée. Depuis 2010, nous avons œuvré pour l’agrémentation de quatre centres à Nîmes, et en 2019, la Maison de quartier de la Route d’Arles devrait elle aussi être labellisée Espace
de vie sociale.

46%

de la population a moins de 24 ans

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56%

des jeunes n’ont pas de diplôme

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© Claude Corbier.

« Faire vivre la dynamique sociale locale au plus près des besoins des habitants, tel est l’objectif.
La mise en commun des compétences des associations rendra leur action plus efficace. »

Jean-Christophe Lacage,
chargé de mission
de préfiguration du centre
social de Pissevin

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