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Nîmes « Olé Olé »

Nîmes « Olé Olé »

Pour célébrer la Saint-Valentin, l’Office de tourisme vous propose une visite guidée réservée à un public averti, à la découverte des mœurs de nos ancêtres. Une immersion instructive sur la condition féminine à travers les siècles.

Triple phallus visible sur l’amphithéâtre, copie réalisée en 2018 (l’original est au Musée de la Romanité).

Triple phallus visible sur l’amphithéâtre, copie réalisée en 2018 (l’original est au Musée de la Romanité).

Romains sans tabou

La visite aborde le culte romain du dieu Priape, divinité symbolisant tout à la fois la richesse, l’abondance et la fertilité et souvent représenté dans la ville romaine par des phallus. Ces derniers indiquaient la direction à emprunter pour se rendre dans un lieu de plaisir, ou tout simplement avaient vocation à éloigner le mauvais sort. À Nîmes, on en dénombre plusieurs, comme le triple phallus récemment restauré sur le pilastre de l’amphithéâtre qui fait face à l’Office de Tourisme : une manière de souhaiter une belle longévité à nos Arènes (et ça a marché !). Les Romains aimaient de même porter des pendentifs en forme de phallus, représentés parfois par de petits piments : effet Rollex de l’époque. On apprend aussi que les gladiateurs, qui risquaient chaque jour leur vie sur la piste de l’arène pour de l’argent, pouvaient vendre leur corps à l’occasion d’orgies, tandis qu’était récupérée leur sueur pour fabriquer des philtres d’amour.

Des « lupa » aux lupanars

Autour de l’amphithéâtre, attendant la fin du spectacle et la clientèle, étaient postées des prostituées, les « lupa », appelées ainsi à Rome parce qu’elles racolaient en imitant le cri de la louve. Au fil des siècles, la prostitution à Nîmes existe à l’instar de toutes les villes françaises : ainsi les Consuls de Nîmes recevaient-ils une brioche de la part de la maîtresse d’une maison publique de débauche chaque année le jour de l’Ascension et lui octroyaient une subvention. Elle sera fermée et réouverte à plusieurs reprises. En 1644, décision est prise par le conseil de ville d’enfermer toutes les filles de débauche nîmoises et d’expulser les étrangères après leur avoir rasé la tête et les avoir recouvertes de plumes de coq. Bonaparte rouvre les maisons closes pour mieux contrôler l’expansion de la petite vérole : la prostitution devenant légale au contraire du racolage, des subterfuges sont inventés pour signaler ces institutions : lanterne rouge à la fenêtre, numéro de rue en gros caractère, guide rose secret… Nîmes connaît au XIXe siècle un « maire éclair », Augustin Démian. Atteint de petite vérole, il ne restera que quelques mois sur le fauteuil de l’Hôtel de Ville. Un mal dont est dramatiquement atteinte une prostituée sur deux en 1878. Ville de garnison, carrefour commercial viticole, Nîmes voit le nombre de ses maisons closes augmenter, alimentées par les ouvrières cévenoles du textile au chômage lors de la crise de la soie. Derrière le lycée Daudet, rues Saint Yon, de l’Étoile, ou Sainte Eugénie, on en dénombre 130 en 1934 ! Christian Liger, dans Nîmes sans visa, décrit la persistance de ces pratiques bien après l’interdiction de 1950.

Amoureux transis

En parcourant les allées Feuchères jusqu’à l’Esplanade, vous ignorez peut-être les histoires d’amour qui ont marqué ces lieux. À commencer par celle de Jean Adrien de Feuchères, maréchal de camp fou amoureux de la jeune Anglaise Sophie Dawes, lorsque son ami le duc de Bourbon, prince de Condé, la lui présente en la faisant passer pour sa fille et l’invite à l’épouser. Hélas, la belle, qui fut hôtesse dans des maisons pour hommes à Londres, est en réalité sa maîtresse et le reste en qualité de baronne de Feuchères, la respectabilité en plus. En 1822, le maréchal Feuchères découvre ses cornes et le pot aux roses et impose une séparation. Héritière du duc de Bourbon, Sophie Feuchères décède à son tour mais le maréchal refuse ce magot qui lui revient de droit. Il le cède à la Ville qui entreprend des travaux d’aménagement devant sa nouvelle gare ferroviaire et, pour le remercier, lui attribue son patronyme. Quant à la statue de la fontaine de l’Esplanade, elle porterait les traits de Juliette Drouet, maîtresse infortunée de James Pradier avant de se jeter dans les bras de Victor Hugo…

Visite guidée Les dessous de Nîmes, le 14 février à 17h30 et le 16 février à 14h30. Rendez-vous sur le site internet de l’Office de Tourisme pour inscription (8 €) ou au bureau de l’Esplanade : 04 66 58 38 00.

Les consuls de Nîmes reçoivent l’offrande de l’Abbesse des dames de la débauche et distribuent l’aumône, Ferdinand Pertus (qui reprend ici les traits des élus de son époque).

Une cérémonie peu rationnelle pour Léon Ménard, qui souligne en 1760 que les Nîmois médiévaux « traitaient durement les ribaudes, putains, servantes des tavernes et masseuses des étuves, les obligeant souvent à se vêtir d’une robe infamante à larges rayures verticales brunes et blanches, leur interdisant de toucher de leurs mains impures les fruits et légumes aux étals du marché, les exilant hors les remparts de la ville en temps de carême. » *
* Nemausensis.

« Ancêtres de la Saint-Valentin, les lupercales romaines se déroulaient en février : des coureurs armés de fouets en peau de chèvre frappaient les femmes aspirant à la maternité positionnées volontairement sur le parcours »

Cécile Coustès
Guide-conférencière de l’Office du Tourisme.

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« Ancêtres de la Saint-Valentin, les lupercales romaines se déroulaient en février : des coureurs armés de fouets en peau de chèvre frappaient les femmes aspirant à la maternité positionnées volontairement sur le parcours »

Cécile Coustès
Guide-conférencière de l’Office du Tourisme.

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Cardinal de Bernis-NIMES 
 « J’aimerais aller au paradis pour son climat et en enfer pour sa fréquentation »

Cardinal de Bernis
Ami et amant de Casanova, l’homme d’Église était surtout un coureur de jupons. Son cœur fut déposé en la cathédrale de Nîmes.

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