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La cité des Espagnols

La cité des Espagnols

Une fois franchi le petit pont derrière le parc Georges Besse, vous voilà dans une « cité » de mazets plantés en pleine campagne, où chante l’accent espagnol.

Passé le tumulte du boulevard Allende et de l’autoroute A 9, bienvenue dans le calme rustique des 14 rues qui quadrillent ce quartier résidentiel du XXsiècle, marque des vagues d’immigration des années 20 à 60 sur un site agricole. Fuyant l’Espagne pour des raisons économiques ou politiques, des Espagnols venus de diverses régions s’installèrent tout d’abord près de la place Montcalm avant de trouver d’autres destinations, comme ce petit coin de campagne chemin bas du Mas de Boudan.

Ils y achètent des lopins à cultiver, puis y construisirent de petits mazets. Entourés de potagers, vergers ou de poulaillers, souvent agrandis, ces derniers ont conservé leur cachet populaire et campagnard. La vie de voisinage connaît depuis son origine une solidarité et une convivialité sans pareilles. Aujourd’hui encore, sur l’impulsion du comité de quartier, de nombreuses fêtes sont organisées sur un terrain destiné à ces moments conviviaux. Fêtes de Pâques, d’été, des aînés : les occasions de se retrouver ne manquent pas.

« C’est un quartier-village près du centre-ville que les gens, paradoxalement, ne connaissent pas. Certaines voies n’y sont publiques que depuis dix ans, cela n’a pas facilité le développement des services. Heureusement, la solidarité de voisinage est très active, ainsi que l’esprit festif. En témoigne notre fête de printemps, qui dure deux jours, comme une “mini-feria”, sur un terrain que l’on nous prête. »
Le comité de quartier Cité des Espagnols, lacitedesespagnols@gmail.com – La cité des Espagnols

Christine NESENSOHN, santonnière Christine vit Chemin des pêcheurs depuis vingt-quatre  ans, sur un terrain transmis par alliance. Rien à voir avec les Espagnols, son mari est d’origine suisse allemande ! Elle, en revanche, revendique « 25 % d’origine grecque, 25 % cévenole et 50 % espagnole ! ». Le coup de cœur est immédiat. Dès son installation, Christine devient santonnière. Son atelier Lou Christou comptabilise 300 sujets, tous inspirés des métiers d’autrefois. Son attachement pour son quartier est total et sujet de partage grâce à la chambre d’hôtes qu’elle propose dans sa propriété. Retrouvez Christine au marché de Noël de Nîmes du 18 au 23 décembre ou sur louchristou@skyrock.com, santons Lou christou.
Christine NESENSOHN.

Rita Alcala habite le quartier depuis Cinquante-six ans Rita a 22 ans lorsqu’elle franchit les Pyrénées avec son mari, chassés « par la faim ». « Plâtrier, il gagnait dix fois mieux sa vie en France qu’en Espagne : alors on a pris la valisa et on est passé en Francia. » « Téléphone espagnol » aidant, ils s’installent rue du Docteur Crouzet dans un petit mazet. « Au début, il y avait vingt familles : des Espagnols mais aussi des Italiens et des Portugais. C’était une grande famille, ça l’est toujours. » Employée agricole au Mas du Tour de l’évêque, elle y récolte des pommes et du maïs. Les courses, elle les fait longtemps à pied, aux halles de Nîmes (30 minutes aller). Ses enfants habitent aussi la « cité » bien que travaillant loin de Nîmes.
Rita Alcala.

Christine Serrano, artiste flamenca Formée dans le sillage de Pepe Linarès, Christine Serrano cultive avec passion son hispanité à travers le flamenco qu’elle pratique depuis trente ans. Elle a fondé son école de danse dans la maison de ses parents, rue Crouzet, eux-mêmes arrivés sur les lieux avec ses grands-parents réfugiés du régime franquiste. Elle aussi vit dans ce quartier qu’elle n’a jamais quitté depuis son enfance. « J’ai grandi parmi ces gens qui ont vécu le déracinement et qui ont essayé de recréer leur culture ici. C’est pour cela que j’ai à cœur moi aussi de la transmettre. »
Christine Serrano, La Inas de Cuenca

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