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Amour, guerre et beauté du vers

amour guerre et beauté du vers

À l’occasion du centenaire de la mort du poète Guillaume Apollinaire, le 9 novembre 1918, la Ville de Nîmes a enrichi la collection de Carré d’Art bibliothèque d’une lettre à Lou, écrite à Nîmes où l’homme de lettres passa quatre mois au début de la guerre.

En ces temps de commémoration de la Première Guerre mondiale, cet autre anniversaire nous replonge dans l’atmosphère de cette époque et fait revivre le Nîmes de 1914-1915. Le célèbre poète, ami de Picasso, précurseur du surréalisme, fit halte à Nîmes durant sa courte vie, à l’âge de 34 ans. Son amour pour Louise de Coligny de Châtillon occupe alors son esprit et sa correspondance poétique mêle sa nostalgie amoureuse à la découverte de Nîmes et du tumulte de la vie quotidienne de la cité.

Engagement militaire

Lorsqu’il arrive le 6 décembre 1914 en gare de Nîmes, le poète s’apprête à incorporer le 38e régiment d’artillerie à la caserne route d’Uzès, où il doit prendre ses fonctions de deuxième canonnier conducteur. Prendre part au combat est vécu comme un devoir et traduit la ferveur qui anime la jeunesse depuis le mois d’août et la déclaration de guerre. Guillaume Apollinaire aspire à cet engagement d’autant plus que, né à Rome d’une mère polonaise, il a essuyé un premier refus faute d’être naturalisé.


Une relation aussi intense qu’éphémère

Depuis trois mois, il entretient une relation passionnelle avec Lou, femme divorcée et libre, qu’il a rencontrée à Nice. Fantasque, celle-ci souffle le chaud et le froid sur les sentiments de l’artiste, qui, de guerre lasse, part pour le régiment de Nîmes. Ce 6 décembre 1914, Lou l’attend devant les grilles de la caserne de la route d’Uzès : s’ensuivent dix jours d’idylle à l’Hôtel du Midi, situé square de la Couronne. Ils inspireront les Lettres à Lou, écrites à la table des cafés de Nîmes. Une dernière rupture marquera le départ du poète pour le front, en avril 1915. Les Poèmes à Lou seront publiés pour la première fois en 1947 par l’éditeur genevois Pierre Cailler, sous le titre Ombre de mon amour. Depuis, les originaux des lettres ont été dispersés. La bibliothèque Carré d’Art-Jean Bousquet dispose de l’ensemble des Lettres en fac-similé ainsi que d’une lettre originale. Elle vient d’acquérir, avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Région Occitanie, une lettre écrite depuis le Grand Café de l’Esplanade de Nîmes le 17 décembre 1914. C’est la seconde envoyée à Lou après son départ de Nîmes.

Guillaume Apollinaire, calligramme, extrait du poème du 9 février 1915, (poèmes à Lou). (DR)

Portrait d’Apollinaire. (DR)

Calligramme de la Maison Carrée. (DR)

«La Tour Magne tournait sur sa colline laurée et dansait lentement lentement s’obombrait et j’aime de t’y aimer cette Nîmes la Romaine où les soldats français remplacent l’armée prétorienne »

Extrait des Lettres à Lou

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LE SAVIEZ-VOUS

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En 1902, Guillaume Apollinaire rédige un article dans L’Européen plaidant pour un musée de la latinité à Nîmes, « ville qui résum(e) la latinité intégrale ». 116 ans après, on peut considérer son vœu exaucé.

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