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À la découverte du Chemin de la Préfecture

Il s’étend sur 1 km et part du chemin du Paratonnerre face au bois des Espeisses, l’un des poumons verts de la ville, pour rejoindre l’ancienne route d’Anduze.

Son nom lui viendrait d’un maset surnommé « La Préfecture ».

Au début du 20ème siècle, situé à mi-parcours
du chemin et orné de colonnes et deux tours en pierre, enduites au mortier de terre de garrigue et de chaux. Ce quartier dit de Villeverte a été un haut lieu du protestantisme dans les années 1750. Paul Rabaut, ministre de l’Église réformée qui incarnait la résistance du Désert, y rassemblait parfois près de 10 000 personnes venues des environs assister au culte clandestin. Parlons aussi de l’ancienne gare du Mas de Ponge au nord du chemin, aujourd’hui désaffectée mais qui fait partie des plus vieilles gares de France puisque créée par le polytechnicien Paulin Talabot vers 1840. Elle reliait Beaucaire à la Grand-Combe pour acheminer le charbon. Les habitants de l’époque utilisaient également la micheline pour descendre à la gare du centre-ville faire des courses ou vendre leurs œufs frais aux Halles.

Ce quartier de garrigue situé sur les hauteurs doit son nom à une villa gallo-romaine du nom de « Villa Verde ».
Le vallon appelé « Vallongue » a été, tout au long des siècles, un grand domaine agricole, toujours vert et très apprécié des troupeaux de moutons, de chèvres ou de vaches. Les ouvriers agricoles de l’époque étaient surnommés des Rachalans. En langage vulgaire Lou Racho ou Travaiadou, généralement accompagné de son âne servant à transporter ses outils, du fumier, ou des récoltes diverses, il travaillait en garrigue et faisait les travaux de culture et d’entretien que ne pouvait faire le masetier ou l’artisan bourgeois occupé
à d’autres affaires.

Puis dans les années 50, c’est l’avènement
de la voiture et des dimanches au maset. Il en existe encore de nombreux, emblème des garrigues nîmoises, mais aussi des capitelles et des clapas, ces murs de clôture en pierre sèche, héritage culturel et agricole protégé par la charte des garrigues et encouragé par l’Opération pierre sèche mise en place par la Ville en 2012, qui octroie une subvention de réhabilitation pour certaines capitelles et clapas en bordure de voies publiques.

Yves Martin , qui a toujours vécu au chemin de la préfecture. Il est la mémoire du quartier.
Il a connu l’épicier qui montait avec sa carriole deux fois par semaine dans le quartier ou le boulanger qui déposait le pain contre quelques centimes dans des boîtes à pain implantées devant les rares maisons de l’époque.

Francine Cabane, habitante du quartier depuis plus de quarante ans et co-fondatrice de l’association Passionnément Patrimoine, qui propose des visites guidées aux membres de l’association dans certains quartiers de la Ville, et notamment dans celui de Villeverte. Elle est également l’une des auteures de Nîmes, illustre et secrète, écrit avec Danièle Jean et illustré d’aquarelles de Camille Penchinat publié chez Alcide.

À presque mi-parcours, le Plan des Reboussiers devient tour à tour terrain de boules, coin de lecture grâce à la boîte à livres en libre accès mise en place par la Ville, et piste de danse lors de la traditionnelle Fête du quartier. Il a été baptisé ainsi dans les années 80 par les membres du comité de quartier. Ils souhaitaient mettre en avant les traits de caractère du peuple nîmois qui aimerait soi-disant râler parce que viscéralement attaché à son libre arbitre. On vous laisse juger !

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