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Les secrets de

LA PORTE AUGUSTE

Les secrets de la Porte Auguste

Les Journées du Patrimoine sont l’occasion d’un retour aux fondamentaux nîmois : et si l’on redécouvrait
la porte d’entrée romaine de la cité ? Les explications de Cécile Coustès, guide conférencière de l’Office de Tourisme.

C’est par la Via Domitia que l’on pénétrait dans la colonie romaine de Nemausus, en provenance de Beaucaire et d’Arles, pour en ressortir probablement par la porte monumentale dite du cadereau, ­vestige identifié mais non retrouvé à l’ouest de Nîmes. Voie de circulation et de colonisation tout à la fois, elle est tracée vers 121 avant J.-C. sur ce secteur d’une gaule narbonnaise qui connaît une romanisation rapide. Plusieurs nécropoles ont été retrouvées à proximité, selon l’usage qui voulait que les morts soient enterrés le long des voies romaines et à l’extérieur de la ville. Dans l’axe de la rue Pierre Semard, le tracé de la voie est matérialisé sur le nouveau parvis de l’église Saint Baudile.

Protection et apparat

« La Porte Auguste, tout comme le rempart, présente à l’Antiquité une fonction protectrice : elle permet le contrôle des entrées et sorties des piétons, sur les côtés, et véhicules au centre. Au moyen de portes en bois, on devait fermer le soir les portes par un système de verrouillage dont on voit encore les traces. On sait aussi que le rempart accordé par Auguste n’était pas une nécessité vitale pour les habitants, mais plutôt une façon de témoigner de la puissance romaine », explique Cécile Coustès. En pierre calcaire de barutel et Roquemaillère, le monument est confectionné à partir des ressources locales.

Tours

Deux tours encadraient cette porte de près de 40 mètres de long : on peut, à l’intérieur du site, constater la présence de leur base et prendre conscience de la place qu’elles occupaient par l’évocation qui en est faite au sol : voilà à quoi font référence ces vastes marques circulaires énigmatiques ! Ces tours vont perdurer longtemps, cette partie du rempart étant réemployée au Moyen-âge pour des raisons défensives. Un château prendra place, symbole du pouvoir royal puis couvent dominicain : autant dire qu’il a souffert d’attaques et de destructions en ces terres protestantes. « Un puits, visible aujourd’hui, avait été aménagé au milieu de la cour pour pouvoir tenir en cas de siège. »

Mise en valeur

« Au XVIIIe , le rempart est détruit et l’on découvre le vestige antique. Depuis, le lieu a été dégagé, et mis progressivement en valeur : il devient musée lapidaire au XIXe-XXe. On a même ajouté une statue d’Auguste dans les années 30-40, profitant de la production de copies d’un modèle relancé par l’Italie Mussolinienne. Elle a été sauvée in extrémis durant la guerre d’un recyclage en munitions.  » Le réaménagement récent de la place, supprimant la circulation automobile devant le monument, a permis de dégager harmonieusement ses abords.

Pour en savoir plus

Consulter le programme des visites guidées de l’Office de Tourisme sur nimes-tourisme.com

Une inscription latine attribue à Auguste l’édification du rempart, en 15 avant Jésus Christ. On ne sait pas s’il a contribué à son financement ou permis simplement sa construction par des exonérations d’impôts.

Cécile Coustès
Guide conférencière

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Le saviez-vous ?

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La Via Domitia tient son nom du proconsul romain Cneus Domitius Ahenobarbus, ce dernier patronyme signifiant « barbe d’airan » ou « barbe rousse ». On peut supposer donc qu’un personnage d’apparence plus celte que latine est à l’œuvre pour la construction de l’axe majeur qui accompagne la romanisation de la Gaule narbonnaise. C’est un indice supplémentaire qui laisse à penser que cette romanisation s’est faite non seulement en douceur, mais aussi avec une certaine implication autochtone. Rappelons en effet que les Nîmois ont obtenu le statut de colonie après la bataille d’Alésia.

La statue d’Auguste a été ajoutée dans les années 1930.

Située au niveau de la ville romaine, un mètre plus bas que le niveau urbain actuel, la Porte Auguste présente un dallage de pierre d’origine bien conservé.

Un bas relief, dont on ignore l’origine, représente presque le même motif que sur l’Amphithéâtre : la Louve regardant ses petits pourrait être une variante symbolisant la colonie romaine.

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